Le président de la Commission jeunesse du Parti libéral du Québec, Jonathan Marleau, a lancé un appel à revoir le modèle de l'école secondaire au complet.

Les jeunes libéraux veulent «repartir à zéro» l'école secondaire

«Réfléchissons à l'extérieur de la boîte et revoyons le modèle au complet», a lancé Jonathan Marleau, président de la Commission jeunesse du Parti libéral du Québec, en conférence de presse mercredi à Québec. Les jeunes libéraux ont présenté aux médias leurs 31 propositions, qui portent toutes sur l'éducation et l'enseignement supérieur, et qui seront débattues lors de leur congrès samedi et dimanche, à l'université Bishop's.
Selon M. Marleau, les notions vues à l'école secondaire ont besoin d'une grande mise à jour, au lieu de faire des ajouts et des retraits de cours à la pièce. «On réfléchit globalement, on repart à zéro sur l'organisation des cours et sur les notions qui sont données.»
Les jeunes libéraux suggèrent d'ajouter immédiatement des cours d'éducation sexuelle au secondaire et des cours de programmation informatique. Par la suite, une révision complète permettrait selon eux d'ajouter des notions de vie citoyenne, de droit, d'économie familiale et même de rhétorique pour préparer les jeunes à affronter une société mondialisée et très connectée.
Lors d'une tournée aux quatre coins du Québec, M. Marleau dit avoir rencontré des jeunes qui avaient l'impression d'avoir été formés dans une école faite pour la société d'il y a 50 ans. 
Il se garde toutefois de jeter le blâme sur la dernière réforme en éducation ou sur le gouvernement libéral actuel. «On a un des meilleurs systèmes d'éducation au monde, mais ça veut pas dire qu'on peut pas s'améliorer.»
Les jeunes libéraux préconisent également de rendre l'école obligatoire jusqu'à 18 ans, tout en étant très flexible, afin de ne pas effrayer les potentiels décrocheurs. Selon eux, la Loi sur l'instruction publique devrait être changée pour rendre possible la formation à distance au primaire et au secondaire, et offrir une alternative aux jeunes qui voudraient apprendre différemment ou occuper un emploi rapidement. 
M. Marleau assure que le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx et la ministre de l'Enseignement supérieur Hélène David n'ont pas participé à la rédaction des recommandations des jeunes. M. Marleau est d'accord avec les principes de la Politique sur la réussite éducative, déposée par M. Proulx en juin, mais soutient que les jeunes du parti veulent aller plus loin. «On a une liberté de débats et d'idées.»
«Ne mettons pas tout à terre!», a réagi Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE), après l'annonce des jeunes libéraux. 
Mme Scalabrini soutient que les enseignants demandent «depuis plusieurs années» de revoir le curriculum, au secondaire comme au primaire, parce que trop de cours ont été ajoutés à la pièce sans que l'horaire ne soit révisé de façon globale. «On veut qu'il y ait un temps minimum prescrit pour chaque matière, mais s'il-vous-plaît, ne tirons pas de tous les côtés», plaide-t-elle.
Selon elle, le système d'éducation n'a pas besoin de repartir à zéro pour s'améliorer. Seulement de se concentrer sur l'essentiel. «Un éléphant, ça se mange une bouchée à la fois et il faut trouver une façon de faire les choix de société qu'on a à faire pour l'école.»
En fin de journée mercredi, M. Marleau a tenu à préciser au Soleil que les jeunes libéraux ne remettaient pas en question l'institution qu'est l'école secondaire, seulement les notions qui y sont enseignées.
Normal que les syndicats réagissent
Les jeunes libéraux ne se formalisent pas de la résistance marquée des syndicats à l'idée de créer un ordre professionnel des enseignants, idée qu'ils ont remis à l'ordre du jour en début de semaine. Selon le président Jonathan Marleau, la création d'un ordre ferait perdre du pouvoir aux syndicats, si bien que c'est «leur rôle» de dire qu'ils sont contre. «La réaction des syndicats, je préciserait même de la FAE (Fédération autonome de l'enseignement) prouve un peu la nécessité d'avoir un ordre professionnel. C'est-à-dire d'avoir des gens qui vont réfléchir l'éducation, le travail des enseignants en dehors d'un contexte partisan.» M. Marleau n'a pas apprécié le ton utilisé par Sylvain Mallette, président de la FAE, dans différents médias. «On aurait besoin d'un organisme qui, au lieu de fustiger et faire des déclarations de guerre, voudrait plutôt travailler à l'intérêt de la profession d'enseignant (...) On a besoin de gens qui vont s'asseoir pour réfléchir avec maturité à qu'est-ce qu'on a besoin pour développer, pour valoriser la formation d'enseignant et protéger les étudiants, les élèves.»  Patricia Cloutier