Les ingénieurs de l'État étaient en grève depuis le 24 mai.

Les ingénieurs refusent l'offre finale à 90 %

Les ingénieurs du gouvernement rejettent l'offre finale de Québec à 90 %, et reconduisent leur mandat de grève générale illimitée. Le président du Conseil du trésor, de son côté, réitère que sa proposition ne peut être modifiée que légèrement.
La consultation électronique des quelque 1400 membres de l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ) a donné le résultat escompté pour son président, Marc-André Martin. Un taux de participation de 90 % et un rejet massif de la dernière proposition du gouvernement. 
«On a une forte majorité des gens qui sont très mécontents», a affirmé M. Martin, vendredi.
En fait, a-t-il ajouté, cette offre finale «bonifiée» est encore moins généreuse que la précédente. Selon lui, l'écart est «énorme» entre les parties. «On ne joue pas sur la même patinoire», a lancé M. Martin. 
Les membres ont renouvelé le mandat de grève générale illimité, là encore à plus de 90 %. Le président veut prendre le «pouls» lors d'une nouvelle rencontre à la table de négociation, mardi prochain, avant de juger de ce qu'il en fera. À son avis, le rapport déposé à la mi-juin par la Vérificatrice générale et qui expose la vulnérabilité du ministère des Transports (MTQ) aux firmes privées devrait avoir fait réfléchir Québec. Les ingénieurs entendre soumettre une nouvelle proposition.
Mais il apparaît clair qu'un nouveau débrayage ne sera pas dans l'air avant le mois d'août. M. Martin convient qu'une grève pendant les semaines de la construction ne serait pas d'une grande utilité. Il refuse toutefois de faire de la stratégie ouverte. 
Le président de l'APIGQ estime que les trois premières semaines de grève de ses membres ont fait la démonstration de leur rôle névralgique au sein de l'appareil d'État. Plusieurs chantiers ont été ralentis. Il évoque ceux de l'échangeur Turcot, à Montréal, ou du pont Pierre-Laporte, à Québec. M. Martin veut reprendre les négociations sur la base de ses premières demandes, 20 % sur 7 ans, alors qu'elles avaient été réduites à 16,5 % dans les pourparlers précédents. 
«À partir de maintenant, les offres qui nous ont été déposées comme s'il n'y avait pas de problème ne comptent plus, a lancé M. Martin. [...] Pour nous, on recommence une nouvelle négociation.»
Les ingénieurs du Québec sont moins bien payés, cela nuit à l'attractivité du MTQ, et le gouvernement perd donc ses ingénieurs les plus expérimentés au profit d'autres employeurs, martèle l'APIGQ. 
Avant la fin de la session, le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, s'apprêtait à déposer une loi spéciale pour mettre fin au débrayage des ingénieurs. Son offre finale, a-t-il répété vendredi, peut être modifiée, mais seulement «à la marge». L'APIGQ a mis fin à sa grève pour consulter ses membres sur cette offre, à la mi-juin. 
«On a pris acte du résultat du vote, a indiqué l'attachée de presse Catherine Poulin. Nous allons attendre leur proposition.» Mais le Conseil du trésor maintient que le MTQ ne souffre d'aucun problème d'attraction ou de rétention des ingénieurs.