Le président du Conseil du trésor Pierre Moreau

Les ingénieurs de l'État manquent de sérieux, dénonce Moreau

La dernière offre des ingénieurs de l'État «manque de sérieux», dénonce le président du Conseil du trésor, qui prévient qu'il ne tolérera aucun autre moyen de pression.
Le ministre Pierre Moreau s'est réjoui, jeudi, de l'accord fraîchement intervenu avec les 400 agents protection de la faune. Il en a profité pour commenter à la contre-proposition déposée mardi par l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement (APIGQ).
«Quand j'ai dit que nous avons déposé une offre finale et globale, ce n'était pas une blague, a lancé le président du Conseil du trésor. Quand je dis que les négociations doivent se faire à la marge, ce n'est pas une blague non plus. Et quand je dis que le gouvernement est déterminé à s'assurer qu'il n'y ait pas de perturbations sur les chantiers, ça non plus, ce n'est pas une blague.»
L'APIGQ n'a pas mis beaucoup d'eau dans son vin, constatent les négociateurs du Conseil du trésor. Leur contre-proposition équivaut à une hausse salariale de 19 % en 7 ans, 1 % de moins que leur demande originale. Québec est prêt à aller jusqu'à 11,5 % sur 5 ans.
Les ingénieurs ont rejeté massivement l'offre gouvernementale et renouvelés à plus de 90 % leur mandat de grève générale illimitée. L'APIGQ s'est gardé toutes les options ouvertes quant à la possibilité de recourir à la grève à nouveau, après le débrayage de trois semaines arrêté en juin.  Un conflit de travail qui a ralenti des centaines de chantiers au Québec.
«Soyez raisonnables»
Le ministre Moreau martèle que Québec est parvenu à s'entendre «dans le respect» avec 96 % des employés de la fonction publique en conservant un équilibre entre les conditions de travail et la capacité de payer des contribuables. «Soyez raisonnables dans vos demandes, lance le président du Conseil du trésor. La contre-offre qui nous a été déposée mardi est totalement inacceptable. Elle n'est ni raisonnable, ni proportionnée aux demandes.»
M. Moreau assure qu'il n'a pas une loi spéciale déjà rédigée prête à sortir de son tiroir à la première occasion. «Mais ce n'est pas très long à écrire», a-t-il indiqué. 
«Si le syndicat estime que la meilleure réponse à la situation actuelle est de déclencher une grève ou de faire quelque autre moyen de pression, le gouvernement va prendre ses responsabilités», a dit M. Moreau.