La série de trous de balle est présente dans le Hall d'honneur depuis la fusillade impliquant Michael Zehaf-Bibeau, un sympathisant du groupe militant État islamique, le 22 octobre 2014.
La série de trous de balle est présente dans le Hall d'honneur depuis la fusillade impliquant Michael Zehaf-Bibeau, un sympathisant du groupe militant État islamique, le 22 octobre 2014.

Les impacts de balles sur les murs du Parlement font partie du «tissu patrimonial»

Lee Berthiaume
La Presse Canadienne
OTTAWA - Les impacts de balles sur les murs, mauvais souvenir de l'attaque de 2014 sur la Colline du Parlement, font partie du «tissu patrimonial» de l'emblématique édifice du Centre et ne seront pas colmatés lors des rénovations importantes de l'édifice, selon un haut fonctionnaire du gouvernement qui a offert une visite des coulisses du projet à La Presse Canadienne.

La série de trous de balle est présente dans le Hall d'honneur depuis la fusillade impliquant Michael Zehaf-Bibeau, un sympathisant du groupe militant État islamique, le 22 octobre 2014.

Zehaf-Bibeau, qui a pris d'assaut la Colline du Parlement quelques minutes après avoir tué le caporal. Nathan Cirillo, devant le Monument commémoratif de guerre du Canada, a été tué dans la fusillade impliquant des agents de sécurité et la GRC dans le couloir aux murs de pierre qui relie la porte d'entrée de l'édifice et la Bibliothèque du Parlement.

Alors que les parlementaires étaient divisés sur la proposition de conserver les trous de balle, Rob Wright, sous-ministre adjoint de Services publics et Approvisionnement Canada et fonctionnaire responsable de la gestion des rénovations, a déclaré qu'une décision avait finalement été prise pour les conserver.

«Il a été décidé que cela fait maintenant partie du tissu patrimonial de ce bâtiment. Nous ne prévoyons donc aucun changement à ce sujet», a déclaré Rob Wright.

Les impacts de balles ne sont pas les seuls éléments de l'édifice du Centre que les travailleurs prévoient de garder intacts dans l'édifice abritant la Chambre des communes et le Sénat.

Les rénovations comprendront l'ajout de systèmes modernes de chauffage, d'électricité et de technologie de I'information dans le bâtiment vieux de 100 ans. Il y aura également des mesures pour le rendre carboneutre et il est prévu de couvrir ses trois cours. Rob Wright a déclaré que l'édifice du Centre est le pire édifice en matière d'économie d'énergie de la colline parlementaire.

Le budget final du projet pour la rénovation du Parlement n'a pas encore été décidé.

Il n'est pas prévu de modifier la taille physique de la Chambre des communes, même si la chambre, dans laquelle siégeaient 338 députés avant de fermer ses portes durant la pandémie, devra éventuellement en accueillir 450 à mesure que la croissance démographique du Canada continue.

De nombreux autres éléments de conception doivent encore être définis. Jusqu'à présent, Rob Wright est incapable de dire quand les rénovations seront terminées - ou combien elles coûteront.

Au moins 10 ans

Les rapports précédents ont suggéré que les rénovations prendraient au moins 10 ans. Rob Wright a déclaré que le gouvernement ne s'était jamais engagé à respecter ce délai.

«Je pense que nous devrions être en bonne position au premier trimestre 2021 pour vraiment établir un budget et un calendrier de référence», a-t-il déclaré.

Alors que le gouvernement consulte les parlementaires tout au long des rénovations ainsi qu'un groupe d'experts, Rob Wright a indiqué que des consultations publiques sur ce à quoi devrait ressembler le bâtiment seront lancées au début de l'année prochaine.

L'actuel édifice du Centre est le deuxième à avoir été construit, en raison de l'incendie de 1916 qui a brûlé l'original, à l'exception la Bibliothèque du Parlement.

La Chambre des communes a été temporairement déplacée dans l'édifice de l'Ouest récemment réaménagé, tandis que le Sénat est situé dans ce qui était autrefois la gare centrale d'Ottawa.

Lors d'une visite dans les coulisses de l'édifice du Centre mercredi, des excavatrices et un camion-benne ont été vus en train d'effectuer des travaux dans une grande fosse de 10 mètres de profondeur qui a été creusée dans le sol devant la tour de la Paix. Les travailleurs portaient des casques de sécurité et des agents de sécurité portaient tous des masques en raison des restrictions relatives à la COVID-19.

De l'amiante

À l'intérieur du bâtiment, les murs de granit ont été recouverts de contreplaqué ou retirés et on peut voir les vieilles briques rouges et noires qui sont maintenues ensemble par du mortier fissuré. Des tuyaux et des fils exposés longent le plafond tandis que le sol contient des tables de travail et des outils ainsi que des caisses, dont certaines portent des avertissements au sujet de l'amiante.

Les travailleurs ont retiré environ 2500 tonnes d'amiante du bâtiment depuis le début des travaux de démolition, a déclaré Rob Wright. Ils ont également soigneusement enlevé, enregistré et emballé de nombreux morceaux de marbre et de granit provenant des murs.

À la Chambre des communes, le plafond en toile de lin peint à la main a été démonté et entreposé, tandis que la collection du Sénat de peintures de la Première Guerre mondiale se trouve au Musée canadien de la guerre. Les deux chambres sont remplies d'échafaudages menant à leurs plafonds respectifs.

Vieux journaux, paquets de gomme et de cigarettes

Le budget final du projet n'a pas été décidé, mais Rob Wright estime qu'environ 120 millions de dollars ont été dépensés jusqu'à présent pour démolir le bâtiment. Il a indiqué que les travailleurs ont trouvé de vieux articles de journaux ainsi que des paquets de gomme et de cigarettes dans les murs.

Il y avait des découvertes plus intéressantes à l'extérieur. L'aile est de l'édifice du Centre est construite sur un ancien avant-poste militaire connu sous le nom de Barrack Hill, et Rob Wright a raconté que les travailleurs avaient trouvé des boutons et des insignes militaires. Ils ont également trouvé les murs d'origine de plusieurs bâtiments d'avant-poste et une vieille pointe de flèche.

«Ils sont soigneusement stockés, identifiés et catalogués», a-t-il expliqué, ajoutant qu'il travaillait avec la nation algonquine pour leur transférer la pointe de flèche.

Une grande partie du travail à ce jour a eu lieu pendant la pandémie de COVID-19. Rob Wright a déclaré que cela n'a pas vraiment eu d'impact, même si le site accueille environ 400 travailleurs chaque jour, avec des entreprises de l'Ontario, du Québec, du Manitoba, de l'Alberta et de la Colombie-Britannique.

«J'ai été très impressionné par la façon dont l'industrie de la construction a pu s'adapter à ce nouveau défi», a-t-il déclaré.