Les citoyens français ont jusqu'à 20h samedi pour voter. Le bureau de vote est situé au Collège Stanislas, 1605 chemin Sainte-Foy.

Les Français votent à Québec

Les Français de Québec ont voté une deuxième fois à l'occasion du second tour de l'élection présidentielle. Plusieurs électeurs qui ont déposé leur bulletin souhaitent bloquer la route à la candidate de droite Marine Le Pen.
Parmi les électeurs rencontrés par Le Soleil, une victoire de Le Pen dimanche serait une bien mauvaise nouvelle pour la France, mais aussi pour l'Europe. L'un d'entre eux, Patrice C., craint qu'une présidente Le Pen rime avec la fin de l'Europe. «C'est que l'Europe se divise, c'est que chacun rentre chez soi et que, finalement, il y ait une sorte de rivalité et de violence qui s'impose entre tous les pays. On ne peut aller vers des choses qu'on a connues et qu'il faut éviter», a-t-il convenu. L'élection de Donald Trump aux États-Unis et le Brexit sont deux événements qui, pour Patrice C., invitent à la vigilance.
«C'est compliqué»
Ce sentiment est partagé par Hélène Ceccarelli, qui réside au Québec depuis 25 ans. Elle considère cette élection spéciale puisque «ça brasse beaucoup en France et dans le monde». «C'est compliqué, cette année», a-t-elle dit, admettant voter «pour un moindre mal».
Ce moindre mal, c'est d'appuyer le candidat centriste et ancien ministre de l'Économie et des Finances, Emmanuel Macron. «À part la haine des Français pour ce qui se passe sur le sol, non, je ne crois pas qu'elle passera», a-t-elle exprimé, croyant qu'Emmanuel Macron sera élu président de l'Hexagone.
Un jeune électrice de 19 ans, qui étudie au Cégep Garneau, a raconté craindre elle aussi la sortie de la France de l'Europe, mais surtout que Marine Le Pen interdise le mariage gai. «L'extrême droite au deuxième tour, ça faisait un certain temps qu'on avait vu ça», a partagé Camille Fruteau De Laclos, 29 ans.
Les positions de Marine Le Pen sur l'immigration ont influencé dans son choix Paul Fruteau De Laclos, de cinq ans le cadet de sa soeur Camille. «Il ne faut pas donner le droit à tout le monde de penser qu'on a le droit de détester l'immigration même s'il y a des problèmes avec ça. C'est comme si on légitimait le fait maintenant d'avoir peur de l'immigrant, de le détester et de lui mettre tous les problèmes sur le dos.»
Situation normale
Contrairement au scrutin de premier tour au cours duquel certains avaient fait la file pendant près d'une heure avant de pouvoir voter, l'équipe organisatrice de ce second tour a apporté les changements nécessaires pour que les électeurs circulent de manière fluide.
«On a fait en sorte de fluidifier les accès. On a également, à l'intérieur, changé un petit peu certaines dispositions et recruté plus de bénévoles pour aider les électeurs pour que ça se passe mieux qu'au premier tour», a indiqué la consule générale de France à Québec, Laurence Haguenauer.
Les résultats de l'élection présidentielle seront connus dimanche vers 14h, heure du Québec.
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Pas de vent d'abstention à Montréal
Des milliers de Français de Montréal ont fait fi du vent d'abstention qui semble souffler sur l'élection présidentielle française et ont massivement répondu, samedi, à l'appel aux urnes. Plusieurs se sont rendus au Collège Stanilas, à Mont-réal, pour exercer leur droit de vote. En début d'après-midi, plusieurs milliers d'électeurs avaient fait la file à l'extérieur pour remettre leur bulletin, selon les estimations d'une bénévole, Nadia Camus. Celle-ci, qui était présente depuis 6h, faisait état d'une attente d'environ deux heures. «Au vu de la quantité de gens qui étaient là ce matin, au moins c'est encourageant. À Montréal, je ne suis pas sûre que le taux d'abstention soit trop élevé!» a lancé une électrice de 55 ans, Catherine, qui attendait depuis 45 minutes pour accorder son vote à Emmanuel Macron.  La Presse canadienne