Les climatosceptiques auraient intérêt à aller passer une semaine dans le Grand-Nord pour voir les effets tangibles des changements climatiques, a suggéré Philippe Couillard dans son allocution d'ouverture au Forum de l'Arctic Circle.

Les climatosceptiques de Trump inquiètent Couillard

Philippe Couillard s'inquiète de l'arrivée de climatosceptiques dans l'administration américaine que dirigera le nouveau président Donald Trump en début d'année prochaine.
Les climatosceptiques devraient aller séjourner une semaine dans le Nord afin de constater les effets réels des changements climatiques, a déclaré le premier ministre Philippe Couillard lors de l'ouverture du Forum de l'Arctic Circle, qui se déroule à Québec.
En marge de l'assemblée, le chef du gouvernement québécois a précisé sa pensée devant les journalistes. «La communauté internationale est quand même préoccupée par les orientations qui semblent se dessiner, mais rien n'est confirmé. Il faudra voir, attendre, les actions concrètes. Avoir des gens qui sont connus comme des climatosceptiques en place à des niveaux élevés dans l'administration américaine est de nature à nous inquiéter.»
Il ne visait pas Donald Trump comme tel, a-t-il dit. «Ce n'est pas juste lui. Il y a un ensemble de personnes aux États-Unis, et même ailleurs, qui aiment continuer à présenter des discours comme si le réchauffement climatique n'était pas avéré; comme si l'évidence scientifique n'était pas massivement dans cette direction-là, alors qu'elle l'est; et comme s'il ne fallait pas agir alors qu'il est beaucoup plus coûteux de ne pas agir que d'agir.»
L'arrivée de climatosceptiques dans l'administration américaine «ne changera rien» ni dans le monde, ni aux États-Unis, a cependant tenu à souligner le premier ministre du Québec en rappelant que des États comme la Californie sont déterminés à agir.
«Les pays du monde se mobilisent», a encore ajouté M. Couillard en donnant l'exemple de la Chine et du marché du carbone.
Le caquiste François Legault estime que le premier ministre ne doit pas minimiser ce qui se joue outre frontière, puisque des standards moins élevés pourraient nuire à la compétitivité des entreprises québécoises.
Diplomatie climatique
Pour Philippe Couillard, le Forum Arctic Circle, fondé par l'ex-premier ministre de l'Islande, Olafur Ragnar Grimsson, illustre parfaitement le fait que la diplomatie québécoise a élargi ses champs d'intérêt vers des «champs beaucoup plus contemporains» comme la «diplomatie climatique» - des «sujets du XXIe siècle». Le Québec parle de sa propre voix, s'est-il félicité.
Par ailleurs, le Plan Nord, qu'il affirme être un bel exemple de développement durable, recommence à avancer, selon lui. À ce sujet, il a accusé le gouvernement Marois d'avoir un temps enrayé la machine. Le Plan Nord «a été interrompu» sous le Parti québécois, a-t-il dit.
Le Forum de l'Arctic Circle se penche jusqu'à mardi sur le «développement durable des régions nordiques».