Les échanges en Chambre mardi ont fourni une nouvelle occasion à Pauline Marois d'évoquer sans la confirmer l'hypothèse du déclenchement prochain d'une campagne électorale.

Les allégations sur des affaires louches fusent à l'Assemblée nationale

Il n'y a pas eu de cessez-le-feu pour marquer le retour de Philippe Couillard à l'Assemblée nationale. Les allégations sur des comportements jugés louches et répréhensibles ont fusé sur le parquet du Salon bleu. Aucun chef des principaux partis n'a été épargné.
Aux félicitations d'usage sur l'élection de M. Couillard dans Outremont, ont succédé les attaques partisanes pendant la période des questions. La libérale Lise Thériault a ouvert le feu, la première.
Elle est revenue sur une conversation téléphonique, captée par les policiers, en 2008, et rendue publique par la commission Charbonneau. Le président de l'époque à la FTQ, Michel Arsenault, fait allusion à un «deal» entre le Fonds de solidarité et Claude Blanchet, le conjoint de la première ministre, pour empêcher la mise sur pied de la commission enquêtant sur la corruption dans l'industrie de la construction.
«La première ministre doit s'expliquer devant les Québécois sur le fameux "deal" entre Michel Arsenault de la FTQ, sa famille et elle», a lancé Mme Thériault. Elle est aussi revenue sur une rencontre entre la chef du Parti québécois et le syndicaliste au club privé 357c. «Pourquoi cette rencontre s'est tenue sans personnel politique et sans ordre du jour?»
La riposte n'a pas tardé. Le leader parlementaire du PQ, Stéphane Bédard, a répété que sa formation politique, alors dans l'opposition, a réclamé, pendant un an et demi, du gouvernement libéral de Jean Charest la création de la commission Charbonneau.
M. Bédard a multiplié les dossiers où les libéraux auraient erré en matière d'éthique, à commencer par son départ temporaire de la politique, en 2008, alors qu'il avait négocié un poste dans un Fonds pour la santé avant de démissionner comme ministre dans ce domaine. Le ministre n'a pas manqué de revenir sur la descente de l'Unité permanente anticorruption au quartier général du PLQ, descente que le chef Couillard n'a pas rendue publique immédiatement.
La CAQ pas en reste
La Coalition avenir Québec n'a pas été en reste. Le député Stéphane Le Bouyonnec a repris l'affaire soulevée par M. Legault, la semaine dernière. Pauline Marois doit s'expliquer sur un investissement du Fonds de solidarité dans BLF Capital, une fiducie familiale du couple Marois/Blanchet, selon la CAQ. «Quel est le véritable motif de cette transaction?» où le Fonds aurait perdu la moitié de son placement, a soulevé M. Le Bouyonnec.
Le leader parlementaire du PQ s'est désolé de voir le caquiste «lancer de la boue et essayer d'attirer l'attention sur eux par des procédés» qu'il estime «carrément navrants».
Mais M. Bédard n'a pas hésité à signaler que François Legault a bénéficié de l'aide du Fonds de solidarité lorsqu'il était un des dirigeants d'Air Transat. Il n'a pas fait allusion au fait que l'investissement a été profitable, mais allégué plutôt qu'en partant sans prévenir ses partenaires, M. Legault a affecté «la situation financière d'un des fleurons de l'industrie québécoise».
Les échanges en Chambre ont fourni une nouvelle occasion à Pauline Marois d'évoquer sans la confirmer l'hypothèse du déclenchement prochain d'une campagne électorale. «Il n'y a pas d'élections qui sont prévues dans les jours qui viennent», a-t-elle mentionné avant d'ajouter, comme le soufflait une voix à ses côtés, que rien n'est aussi prévu «dans les semaines» qui viennent!