Rosaire Roy, président de la FADOQ des régions de Québec et Chaudière-Appalaches, et Gérald Lépine, directeur général

Les aînés se sentent oubliés par les élus

Les politiciens municipaux courtisent les aînés, mais les prennent rarement en considération dans les projets pour leur ville, se désole la FADOQ à quelques jours du vote du 5 novembre. La population vieillissante a notamment besoin de transport en commun à faible coût, en milieu urbain, et de services de santé à proximité, en milieu rural, afin de briser l’isolement.

«La clientèle aînée est celle qui, élection après élection, vote en plus grand nombre. Les élections de dimanche prochain ne feront pas exception», affirme d’emblée Rosaire Roy, président de la FADOQ des régions de Québec et Chaudière-Appalaches. Alors qu’une moyenne de 47% de la population provinciale vote aux élections municipales, le chiffre grimpe à 76% chez les personnes âgées de 55 à 75 ans.

C’est à propos de la qualité de vie des quelque 90 000 aînés qu’elle représente que la FADOQ interpelle les politiciens municipaux. Maintenant plus que jamais, des projets doivent être mis de l’avant pour les aînés, plaide le directeur général Gérald Lépine. De 18% en 2016, le pourcentage de la population provinciale âgée de 65 ans et plus devrait grimper jusqu’à 25% dans les 15 prochaines années. 

Trois secteurs clés

«En transport, en habitation et en santé, il pourrait y avoir beaucoup plus de fait pour les aînés», assure Gérald Lépine. Selon lui, le Québec est en retard. Le tout commence en politique municipale, le palier politique le plus près des aînés. On comprend l’importance de courtiser ces derniers en période électorale, mais peu est fait une fois l’élection passée, lance le directeur général. 

On oublie notamment que bien des aînés sont en situation économique précaire. Ainsi, la FADOQ voit d’un bon oeil les projets pour améliorer le transport en commun à Québec et Lévis, mais assure que la baisse ou modulation des prix du RTC et de la STL pour les aînés demeure la priorité. En milieu rural, en l’absence de transport en commun, les services de transport d’entraide doivent pour leur part être subventionnés par les villes, plaide Rosaire Roy.

En ce qui a trait au logement, un coup doit être donné afin d’augmenter l’offre de logement à prix modique, continue M. Roy. 

En santé, finalement, la FADOQ rappelle l’importance des services à proximité dans les milieux ruraux. Les municipalités doivent protéger ces services, voire contribuer financièrement afin qu’ils soient maintenus, croit l’organisme. «Il est reconnu qu’une personne qui vieillit à la maison requiert moins de soins que celle qui est en institution», pointe Rosaire Roy.