Si aucun autre candidat à la mairie ne se fait connaître, le maire sortant de Lévis, Gilles Lehouillier, pourrait être réélu maire dès le 6 octobre.

Lehouillier vogue vers une réélection par acclamation

La septième plus grosse ville au Québec pourrait voir son maire actuel être élu par acclamation. Gilles Lehouillier s'est montré déçu lundi de se retrouver sans adversaire, tout en évaluant que «les gens, surtout au municipal, n'aiment pas la chicane».
Éric Lambert, chef de Renouveau Lévis, était le seul opposant connu du maire sortant. Il a toutefois annoncé lundi qu'il ne briguera pas la mairie, mais un poste de conseiller dans le district de Villieu (Saint-Nicolas).
«On n'a pas eu la couverture médiatique qu'on aurait souhaité. Et le combat était déjà très, très déséquilibré», justifie M. Lambert. Au cours des derniers mois, son parti a activement cherché des candidats pour former une équipe complète, mais l'exercice a été plus difficile que prévu. Sur les 15 districts que compte la Ville, Renouveau Lévis a trouvé jusqu'à maintenant quatre candidats prêts à porter ses couleurs. Il y en aurait eu cinq, mais un candidat s'est désisté à la dernière minute. En plus de M. Lambert, qui a sa propre compagnie d'informatique, la comptable et ex-agente officielle de Renouveau Lévis, Maryse Labranche, se présente dans Charny, l'assistant technique en pharmacie, Sébastien Bouchard-Théberge, dans Christ-Roi et le fonctionnaire à la retraite, Guy Roy, dans Bienville. 
«Stratégiquement, on préfère tenter de faire une percée dans l'opposition. Parce si j'avais été élu maire, je n'aurais pas été intéressé à gérer l'équipe de M. Lehouillier», explique M. Lambert. 
Pas un aveu d'échec
Le chef de Renouveau Lévis demande à la population de faire confiance à son équipe afin de débusquer ce qui fonctionne moins bien dans l'administration Lehouillier et la «mettre au courant des vraies affaires». «La plupart des gens ont été hypnotisés ces dernières années et pensent que tout va bien. On ne peut pas laisser carte blanche à une seule et même équipe», croit M. Lambert. 
Le chef soutient qu'il ne faut pas voir son désistement comme un aveu d'échec. «On ne baisse pas les bras. La bataille ne fait que commencer.» 
Si aucun autre candidat à la mairie ne se fait connaître, M. Lehouillier pourrait être réélu maire dès le 6 octobre. M. Lambert espère encore qu'une candidature surprise se présente avant cette date. «Si un indépendant se présente et qu'il est sérieux, Renouveau Lévis n'aurait pas de difficulté à l'appuyer», lance-t-il. 
M. Lambert a profité de la période de questions du conseil municipal lundi soir pour demander au maire Lehouillier s'il allait faire autant de promesses aux citoyens, si jamais il est élu par acclamation. 
Le maire n'a pas hésité à lui renvoyer la balle, en disant ne pas comprendre qu'il se retire de la course à la mairie. «Voilà un geste fort courageux de votre part. On vous en félicite», a-t-il ironisé. 
Avant la séance du conseil, M. Lehouillier avait indiqué aux journalistes qu'il aurait souhaité débattre avec au moins un adversaire, question de confronter les points de vue. «On reste un peu sur notre appétit.»
Les candidats de Lévis Force 10 constatent toutefois, lors de leur porte-à-porte, le grand soutien de la population. «En 20, 25 ans de politique municipale, jamais je n'ai vu un taux de satisfaction aussi élevé», s'est réjoui M. Lehouillier.

Subvention de 100 000 $ à Creaform

La Ville de Lévis allonge 100 000 $ pour aider l'entreprise Creaform à déménager ses employés dans l'Innoparc en novembre. C'est la première fois durant son mandat que le maire de Lévis Gilles Lehouillier autorise une subvention directe aussi élevée à une entreprise. Avant la séance du conseil municipal lundi, il a justifié ce geste par l'importance de la compagnie de scanneurs 3D miniatures, qu'il juge «unique et exceptionnelle». L'entreprise a des bureaux un peu partout dans le monde et compte 450 employés, dont environ 300 travaillent à Lévis. «Ça va devenir un peu la locomotive de l'Innoparc», ,s'est félicité M. Lehouillier. Cette subvention survient alors que Creaform, qui termine la construction de son nouveau siège social, était courtisée par d'autres villes. «Il y a de la concurrence, il y a des gens qui essaient de les attirer», a indiqué M. Lehouillier. Dans un document présenté au conseil municipal, la Ville précise que sa subvention combinée aux prix des terrains plus compétitifs qu'à Québec a permis de garder l'entreprise à Lévis. 

Baisse de 13 % des incendies

Lévis a été le théâtre de 70 incendies en 2016, soit 13 % de moins qu'en 2015. Le nombre d'incendies est en constante baisse dans la ville depuis cinq ans, selon les chiffres publiés dans le rapport annuel du Service de la sécurité incendie lundi. Environ 70 % des incendies répertoriés sont reliés à une intervention humaine, comme à de la négligence. Le nombre d'incendies criminels ou suspects a toutefois augmenté pour s'établir à une douzaine. Les 120 pompiers de Lévis sont aussi formés pour être des premiers répondants médicaux et ils ont répondu à 3090 appels en 2016, un chiffre en baisse de 3 % par rapport à 2015. 

Lévis, un village?

Une vingtaine d'ambulanciers ont assisté au conseil municipal lundi soir, vêtus de leur uniforme. Ils ont réclamé une rencontre avec le maire Gilles Lehouillier pour le sensibiliser au fait que sa ville de 145 000 habitants profite de la même couverture ambulancière qu'une ville comme Saint-Georges de Beauce, qui a une population de 45 000 personnes. Ceux-ci ont dénoncé la semaine dernière dans Le Journal de Québec le manque d'ambulances. La nuit, il n'y en a que deux en fonction. Le ministre de la Santé Gaétan Barrette avait répliqué ne pas vouloir mettre des ambulances «à l'intersection de chaque rang du Québec». «On dirait que pour le ministre Barrette, c'est un village Lévis», s'est insurgé l'ambulancier Pier-Luc Croteau. Le maire Lehouillier n'a pas pris position, mais il a promis de rencontrer les ambulanciers. «Si on peut vous accompagner là-dedans, vous appuyer dans vos démarches, on va le faire.»