Pour Jean-François Lisée (photo), M. Legault «cherche une façon de se définir pour exister».

Legault joue à Trump, dit Lisée

Le péquiste Jean-François Lisée a offert une réponse coup de poing au caquiste François Legault, qui l'a rangé dans le camp de l'«élite» québécoise.
«Ça m'a un peu amusé que le millionnaire François Legault fasse campagne contre les élites, alors qu'il est contre le salaire minimum à 15 $, alors qu'il méprise les CPE et qu'il est contre un certain nombre de mesures que nous avons prises, comme parti social-démocrate, pour essayer justement de ne pas avoir une société polarisée comme celle qui a donné Donald Trump.»
Pour Jean-François Lisée, M. Legault «cherche une façon de se définir pour exister. C'est ça qu'il est en train de faire, sur toutes sortes de sujets. Il est toujours excessif dans ses réactions. Couper les fonds complètement au Parti libéral [comme il l'a proposé]..., est-ce qu'on peut avoir le procès, d'abord? Sur toutes sortes de sujets, il est toujours excessif. Là encore, il l'a montré.»
«Et si Trump, c'est François Legault?» a lancé M. Lisée.
Plus tard, c'est le ministre de la Sécurité publique qui a pris appui sur les propos de la veille de M. Legault - alors qu'un député de la Coalition avenir Québec (CAQ) l'asticotait sur des questions d'intégrité. Aux yeux de Martin Coiteux, la CAQ alimente le cynisme. Elle se dit : si cela «a marché aux États-Unis avec Trump, peut-être qu'on pourrait faire pareil».
Adepte du «tout va mal»
Adepte du «catastrophisme» et du «tout va mal», M. Legault «ne serait pas membre de l'establishment?» a renchéri son collègue Jean-Marc Fournier en répondant lui-même à sa question.
Plus tôt cet automne, le premier ministre Philippe Couillard avait établi un parallèle entre Donald Trump et François Legault. Il était alors question d'immigration.
Dénonçant une «certaine élite» québécoise, le chef caquiste, François Legault, a estimé mercredi que l'élection de Donald Trump aux États-Unis lui fournit des arguments politiques.
«Il ne faut jamais prendre de haut les préoccupations et les inquiétudes de la population», a-t-il commenté. Partant de là, une «certaine élite au Québec doit se remettre en question».
Le premier ministre Philippe Couillard fait partie de cette élite, a-t-il dit. Le péquiste Jean-François Lisée aussi, ainsi que des chroniqueurs et des analystes de médias qu'il a préféré ne pas nommer.
En guise d'argumentaire, François Legault a insisté sur le fait que de nombreux citoyens souhaitent que l'on réduise les taxes et les impôts et pensent qu'il faut baisser les cibles en immigration. Il a rappelé que son parti juge urgent de réduire le fardeau fiscal de 1000 $ par famille. Il propose aussi de baisser les niveaux d'immigration de quelque 50 000 à 40 000 par année.
Répondre à de telles préoccupations constitue le meilleur moyen d'éviter des «dérapages» comme Donald Trump en a commis durant la campagne électorale, a soutenu M. Legault.