Selon le professeur Jean-Yves Duclos, les travailleurs doivent accepter de mettre de l'eau dans leur vin et modifier «leurs comportements de travail et de retraite», les acquis d'hier et d'aujourd'hui se conjuguant difficilement avec la réalité écono­mique.

L'économiste Jean-Yves Duclos candidat du PLC

L'économiste et professeur à l'Université Laval Jean-Yves Duclos est officiellement le candidat du Parti libéral du Canada (PLC) dans la circonscription de Québec en vue des élections fédérales. Il tentera de déloger la néo-démocrate Annick Papillon, qui n'a, selon lui, pas assez d'influence à Ottawa.
M. Duclos a remporté l'investiture dans Québec, hier, devant son seul adversaire, le jeune avocat Hugo Mathieu. Selon l'équipe du nouveau candidat de Justin Trudeau, le vainqueur a obtenu une majorité de 15 % des voix. Aucun résultat officiel n'a cependant été annoncé, ni même le nombre d'électeurs.
Quelque 200 militants se sont rassemblés au Patro Laval, dans Saint-Sauveur, pour cette assemblée d'investiture, a-t-on indiqué au Soleil, toujours sans donner de chiffre précis.
M. Duclos, titulaire d'une chaire de recherche portant sur les enjeux économiques des changements démographiques, est considéré comme un candidat vedette pour la région de Québec par la direction du PLC. Son chef Justin Trudeau a déjà dit à son sujet, en janvier dernier, qu'il était «une personne redoutable» et «de taille», tout en vantant sa réputation d'économiste chevronné.
En entrevue au Soleil hier, M. Duclos s'est dit conscient que les libéraux n'ont pas connu de succès dans la région de Québec «depuis des décennies» et qu'il aura fort à faire pour ravir le siège occupé par Annick Papillon. À vrai dire, aucun candidat libéral n'a remporté une élection dans la circonscription de Québec depuis Gilles Lamontagne en 1980.
M. Duclos croit cependant que le contexte est favorable à un retour en force des libéraux à Québec comme ailleurs au pays. «Le NPD n'a pas de chances de former le prochain gouvernement», a-t-il décoché d'entrée de jeu, avant d'attaquer directement la députée sortante de Québec. «Je respecte beaucoup Mme Papillon, mais elle a peu d'influence à Ottawa.»
M. Duclos a la prétention qu'à l'échelle nationale, le PLC a les meilleures chances de former le gouvernement et qu'ainsi, mieux vaut pour la population de voter pour le parti qui prendra le pouvoir.
À l'échelle locale, il a toutefois peiné à nommer un enjeu précis sur lequel il souhaitait travailler. «Je pense que beaucoup souhaitent un nouveau gouvernement pour de très bonnes raisons. Les conservateurs sont absents à Québec», a-t-il dit, martelant que la capitale, malgré les nombreuses visites du premier ministre canadien, n'avait pas d'emprise sur Ottawa. «On veut qu'Ottawa soit présent à Québec, mais il faut que Québec soit présent à Ottawa.»
De leur côté, les néo-démocrates, leur chef Thomas Mulcair en tête, envisagent une lutte à deux dans la région de Québec avec les conservateurs, écartant complètement les libéraux du décor d'ici l'automne.