En dressant mercredi le bilan de la session parlementaire qui s'achève, le premier ministre a maintenu que son gouvernement avait livré la marchandise en huit mois sur trois grands engagements économiques avant le congé d'été, mais que beaucoup de travail restait à faire.

L'économie au coeur du bilan de Trudeau

Justin Trudeau soutient qu'il a dû constamment répéter à ses ministres débordants d'enthousiasme que les libéraux avaient été élus pour quatre ans et qu'ils ne pouvaient tout accomplir au cours des premiers mois.
En dressant mercredi le bilan de la session parlementaire qui s'achève, le premier ministre a maintenu que son gouvernement avait livré la marchandise en huit mois sur trois grands engagements économiques avant le congé d'été, mais que beaucoup de travail restait à faire. Certains critiques soutiennent qu'il n'aura fallu que ces huit mois pour que les libéraux retrouvent leur arrogance de «parti naturel du Canada».
Pour plusieurs observateurs, la première session de cette 42e législature aura été marquée par l'accueil des réfugiés syriens, la vague de suicides dans certaines communautés autochtones, le délicat et difficile dossier de l'aide médicale à mourir, et le recul partiel des libéraux sur le mécanisme de réforme du mode de scrutin.
Promesses réalisées
Ces sujets n'ont pourtant pas été cités par M. Trudeau, mercredi, lors de ce bilan bien personnel, au cours d'une conférence de presse sans vague d'une petite demi-heure. Le premier ministre a plutôt insisté sur trois grandes promesses électorales réalisées: réduction de l'impôt pour la classe moyenne, réforme de l'Allocation canadienne pour enfants et bonifications au Régime de pensions du Canada.
Même si les libéraux avaient promis de présenter une stratégie nationale de lutte aux changements climatiques 90 jours après le sommet de Paris en décembre, il reste beaucoup de chemin à parcourir. La réforme du mode de scrutin s'est très mal engagée. Et la promesse libérale d'annuler l'achat de chasseurs F-35 et de lancer un nouvel appel d'offres «ouvert et transparent» a pratiquement disparue des écrans radars.
Le seul moment où M. Trudeau a paru sortir du scénario établi pour ce point de presse, mercredi, c'est lorsqu'il a parlé, en français, des nombreuses occasions où il a dû calmer l'ardeur de ses ministres, impatients de tout faire tout de suite. Le premier ministre a raconté mercredi qu'il devait constamment rappeler à ses collègues: «On a quand même quatre ans dans un mandat, et il ne faut pas tout accomplir - ou s'attendre à tout accomplir - dans les premiers mois».