Lebel réclame une commission parlementaire itinérante sur l’avenir de l’information

Parce que ce sont surtout les régions qui subissent les contrecoups des coupures dans les médias, le péquiste Harold Lebel réclame que la commission parlementaire qui fera le point sur l’avenir de l’information se déplace aux quatre coins du Québec.

«Il y a un enjeu de vitalité régionale là-dedans. Plus on perd de médias, moins on parle de nous autres, plus on perd notre identité», commente le député de Rimouski en entrevue au Soleil.

Le Parti québécois a demandé jeudi à la Commission de la culture et de l’éducation de se déplacer au cours des prochains mois dans différentes régions pour entendre les journalistes, les propriétaires de médias et les citoyens, au lieu de convier tout ce beau monde à l’Assemblée nationale, à Québec. 

«Nous sommes d’avis que trancher le sort des régions éloignées tout en demeurant dans la capitale enverrait un curieux message. À l’inverse, une commission itinérante prouverait que l’Assemblée nationale est sérieuse lorsqu’elle affirme qu’au Québec, l’information locale et régionale est importante», écrit M. Lebel dans sa lettre. 

M. Lebel ne croit pas nécessaire de tenir des audiences publiques dans chacune des 17 régions du Québec, mais au moins dans quelques-unes d’entre elles, afin de favoriser la participation d’acteurs locaux.

«Ce qui est nécessaire, c’est d’aller sur le terrain. De sentir ce qui se passe et de comprendre à quel point l’information en région, c’est difficile d’en faire. Quand on est dans notre bulle à Québec, à Montréal, on s’en rend pas compte», exprime M. Lebel. 

Le député dit ne pas vouloir «blâmer les journalistes, qui font ce qu’ils peuvent avec les moyens qu’ils ont». Il s’inquiète toutefois de voir des hebdomadaires fermer leurs portes ou des stations de télévision réduire leur nombre de postes de façon drastique. 

Le député raconte que dans sa circonscription, il a la chance de pouvoir compter sur quelques médias régionaux, à qui il a pu s’adresser lors de la dernière campagne électorale. Ce qui n’est pas le cas de tous ses collègues. «Si la couverture médiatique de la campagne ne se fait qu’au national, le vote ne sera pas pour le candidat local. À mon sens, c’est un accroc à la démocratie», juge-t-il. 

M. Lebel est d’avis que non seulement les Québécois ne sont pas souvent informés de ce qui se passe dans les régions éloignées, mais aussi dans ces villes de banlieue qui entourent Montréal et Québec, et que les grands médias, — qui souffrent aussi de difficultés financières —, ne couvrent que très peu. «Il faudrait aller dans le 450 avec la commission parlementaire, parce qu’à plusieurs endroits, il y a des vides médiatiques», juge-t-il. 

La Commission de la culture et de l’éducation a accepté le 21 mars de se pencher sur la crise que vivent les médias à l’heure actuelle, afin d’identifier des pistes de solution. Les élus veulent tenter de répondre aux défis du financement des entreprises de presse, de la valorisation du rôle local de l’information, de la viabilité des modèles d’affaires à l’ère du numérique et de l’indépendance des médias.