Le sénateur Don Meredith, 52 ans, a entretenu une relation avec une jeune fille de 16 ans, qui s'est plus tard transformée en relation de nature sexuelle. 

Le sénateur Don Meredith démissionne en raison de ses «faiblesses morales»

Le sénateur Don Meredith a décidé de quitter son siège au Sénat plutôt que d'attendre d'en être éjecté par ses pairs.
Dans une déclaration transmise par son avocat, mardi après-midi, il s'est dit «profondément conscient que la chambre haute est plus importante que (ses) faiblesses morales».
Le sénateur de 52 ans a employé ce terme pour qualifier la relation qu'il a entretenue avec une mineure de 16 ans - une liaison qui s'était transformée en relation de nature sexuelle.
Le bureau du gouverneur général du Canada a confirmé un peu plus tard avoir été informé «de l'intention du sénateur Meredith de démissionner».
Le président du Sénat et le représentant du gouvernement à la chambre haute ont préféré réserver leurs commentaires en attendant l'avis officiel de Rideau Hall, mardi après-midi.
«Bon débarras»
En revanche, plusieurs collègues du sénateur tombé en disgrâce ne se sont pas fait prier pour témoigner immédiatement de leur soulagement.
«Il ne s'est pas comporté de façon honorable et n'a pas démissionné de façon honorable. Tout ce que j'ai à dire, c'est bon débarras», a lâché la sénatrice conservatrice Denise Batters.
Sa collègue Josée Verner a aussi accueilli la nouvelle avec soulagement, tout en regrettant que «les victimes, dans des causes comme ça, n'ont pas toujours la victoire qu'elles méritent».
Le sénateur Don Meredith était devenu persona non grata à la chambre haute, une institution dont la réputation a été durement ébranlée par divers scandales ces dernières années.
Un rapport accablant
Un rapport explosif déposé un peu plus tôt cette année par la conseillère sénatoriale à l'éthique, Lyse Ricard, a scellé le sort du pasteur pentecôtiste marié et père de deux enfants.
Ce rapport concluait, en se basant sur le témoignage de l'adolescente appelée «Mme M», que le sénateur s'était servi du «prestige» de son poste pour profiter de la jeune femme.
À la lumière de ces informations, le comité sénatorial sur l'éthique et les conflits d'intérêts avait recommandé l'exclusion du sénateur.
La constitutionnalité de cette décision inédite - le Sénat du Canada n'a jamais expulsé l'un de ses membres - avait été remise en question par certains.
La sénatrice indépendante Anne Cools, entre autres, état d'avis que les sénateurs n'avaient pas le pouvoir d'expulser l'un des leurs.
Dans sa missive, le sénateur de l'Ontario a signalé ne pas avoir l'intention de mener bataille sur le terrain de la constitutionnalité.
«Dieu me guidera dans ce nouveau chapitre de ma vie», a écrit le sénateur en souhaitant bonne continuation à ses collègues de la chambre haute.
Certains d'entre eux espèrent que cette démission ne signifie pas que l'autre enquête éthique pour harcèlement en milieu de travail visant le sénateur sera abandonnée pour autant.
Car les victimes présumées de ces gestes - dans ce cas, il s'agit d'anciens employés du bureau de M. Meredith - ont droit à un processus exhaustif, a fait valoir le sénateur Leo Housakos.
«À mon avis, le comité d'éthique a la responsabilité d'étudier ça, a-t-il soutenu. Les victimes de ces allégations-là méritent d'avoir un résultat.»
C'est aussi le souhait de la ministre des Institutions démocratiques, Karina Gould, qui a par ailleurs accueilli favorablement le départ de Don Meredith.
Il s'agit d'une «une décision importante pour le Sénat» qui pourra permettre aux autres sénateurs de continuer leur travail, a-t-elle exposé en mêlée de presse, mardi après-midi.