Les partis indépendantistes québécois se réjouissent des résultats des élections catalanes, qui ont procuré une majorité aux partis séparatistes de cette région espagnole.

Le scrutin en Catalogne, «une leçon de démocratie», affirme Lisée

«Nos amis catalans servent une grande leçon de démocratie au gouvernement espagnol. Ni la brutalité policière, ni la censure, ni l’emprisonnement n’ont affaibli la volonté indépendantiste», s’est réjoui le chef péquiste, Jean-François Lisée, à la lumière des résultats des élections en Catalogne.

Même écho chez Québec solidaire. «Bravo, santé et bises québécoises au peuple catalan! Face à la répression, vous avez à nouveau choisi la liberté», a aussi réagi Manon Massé sur Twitter.

La question catalane a alimenté bien des débats politiques cet automne au Québec. Elle continuera vraisemblablement à le faire en 2018.

L’enjeu du scrutin qui s’est déroulé jeudi en Catalogne était la poursuite ou non de la marche indépendantiste. Un parti unioniste est arrivé en tête, mais les partis indépendantistes ont remporté une majorité de sièges de la Generalitat de Catalunya. Même s’ils ont gagné l’élection, comme en 2015, ils ne sont cependant pas parvenus à décrocher une majorité de votes.

En raison de l’aspect symbolique qu’elle charrie, la question catalane a donné lieu en septembre et en octobre à un intense bras de fer politique entre, d’une part, les libéraux de Philippe Couillard et, d’autre part, les péquistes et les solidaires. Les caquistes de François Legault ont préféré demeurer en retrait du débat.

Un compromis

Après moult échanges et tensions, l’Assemblée nationale est parvenue à adopter à l’unanimité le 4 octobre dernier une résolution parlementaire condamnant l’«autoritarisme» dont a fait preuve l’État espagnol lors du référendum tenu quelques jours plus tôt en Catalogne.

Pendant plusieurs jours, le Parti québécois et Québec solidaire, d’une part, et le gouvernement Couillard, d’autre part, s’étaient disputés sur ce qu’ils devaient dire ou pas à ce sujet. La résolution qu’ils ont fini par adopter représentait un compromis, un compromis dans lequel les libéraux ont mis plus d’eau dans leur vin que leurs adversaires.

La résolution montrait du doigt l’État espagnol, ce que le gouvernement de Philippe Couillard s’était refusé à faire jusque-là. Elle se lisait ainsi : «Que l’Assemblée nationale déplore l’attitude autoritariste du gouvernement espagnol, qui a mené à des gestes de violence.»

Le libellé appelait aussi les parties au dialogue et à recourir à «une médiation internationale» — si elles y consentaient.

Au Parti québécois, des péquistes indiquent aujourd’hui que cet appel est plus que jamais valable alors que devront inévitablement s’ouvrir, disent-ils, des discussions entre Madrid et le gouvernement indépendantiste catalan — lorsque les partis souhaitant un détachement du reste de l’Espagne parviendront à former un gouvernement de coalition.

La question catalane devrait donc rebondir encore à l’Assemblée nationale du Québec au fil des prochaines semaines et des prochains mois. Québec solidaire cherche véritablement à être en pointe dans ce dossier.

Tout au long de l’automne, des péquistes et des solidaires ont tenu à rencontrer des représentants des partis indépendantistes catalans. Ils ont tenu à leur dire qu’ils n’étaient «pas seuls», alors qu’ils déploraient et condamnaient le silence d’Ottawa, de l’Union européenne et de l’ensemble de la communauté internationale.