Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Le co-porte-parole de QS Gabriel Nadeau-Dubois
Le co-porte-parole de QS Gabriel Nadeau-Dubois

Le reconfinement partiel, un «coup de massue» pour les Québécois

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Article réservé aux abonnés
Les partis d’opposition reprochent au gouvernement Legault sa «gestion chaotique et les messages contradictoires» qui ont mené à l’annonce du reconfinement partiel du Québec.

Jeudi matin, dans le hall principal du parlement de Québec, représentants du Parti libéral du Québec (PLQ), de Québec solidaire (QS) et du Parti québécois (PQ) rivalisaient de figures de style et de formules chocs pour commenter et qualifier les mesures annoncées la veille par le gouvernement pour placer trois villes «sur pause» sur 10 jours et rétrograder quatre régions en rouge.

Ils se disent favorables aux nouvelles mesures plus restrictives mises en place. Joël Arseneau, porte-parole du PQ en matière de santé, affirme qu’elles étaient «attendues, anticipées, elles devaient venir. Et en fait, on aurait souhaité qu’elles viennent beaucoup plus tôt».

Mais ce qui retient l’attention des oppositions, ce sont les jours et semaines qui ont mené à ces annonces.

«En répétant pendant des semaines aux Québécois et aux Québécoises que le Québec résistait aux variants et à la troisième vague François Legault a créé un faux sentiment de sécurité. Il n’a pas le droit aujourd’hui de s’étonner que les choses se détériorent», a critiqué le co-porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois.

«Si les circonstances imposent de prendre des actions musclées pour endiguer le virus, rien n’excuse la gestion chaotique est les messages contradictoires que le gouvernement envoie dans la population et dans l’espace public. L’avion ne peut plus se construire en plein vol, et en direct aujourd’hui, on n’a ni pilote ni équipage. Les Québécois ne comprennent plus où le gouvernement s’en va», déclare pour sa part la cheffe du PLQ, Dominique Anglade.

Le yo-yo épuise les gens

M. Nadeau-Dubois qualifie les annonces de mercredi de «coup de massue» pour les Québécois.

«Ce qui m’inquiète le plus dans les annonces d’hier, ce n’est pas les enjeux de communication politique de François Legault, c’est l’effet que ça va avoir sur l’adhésion des Québécois et des Québécoises aux mesures de la Santé publique. Comment les gens sont censés suivre? Comment les gens sont censés comprendre? Comment les gens sont censés adhérer aux mesures si le discours virevolte comme une feuille au vent?» s’est questionné le meneur solidaire, y allant d’une image de son cru.

«L’effet yo-yo, ce n’est pas juste un problème de comm, ça épuise les gens. Les gens sont épuisés par la valse des confinements et des reconfinements», constate aussi M. Nadeau-Dubois.

Pour une énième fois dans cette pandémie, la libérale Anglade réclame à hauts cris une certaine planification et des prévisions.

«Ils n’ont préparé aucunement la population aux différents cas de figure, insiste la cheffe du PLQ. La responsabilité du gouvernement, c’est de dire la vérité à la population, c’est de nous dire : Il y a peut-être des risques de fermeture, voilà comment vous devez vous préparer. Il y a des variants, on est préoccupés.»

«En fait, la question, c’est : qu’est-ce qu’il aurait dû annoncer la semaine dernière? Je pense que ce qu’il aurait dû faire, c’est de dire : voici les différents cas de figure puis voici où, peut-être, on va devoir s’en aller», affirme Mme Anglade, qui voit l’attitude de François Legault s’être transformée de «bon père de famille, le premier ministre est devenu paternaliste».

Elle ne croit d’ailleurs pas à la date de levée de reconfinement donnée mercredi, soit le 12 avril. «Je ne sais pas sur quelle base elle est prise, cette date-là. Puis on a vu ce que ça a donné, les dates précédemment, on l’a vu.»

«On a détourné le regard»

Le péquiste Arseneau croit pour sa part que le gouvernement de la Coalition avenir Québec s’est entêté à ignorer les évidences des dernières semaines et «continuait de vivre dans le déni».

«Si on en est là aujourd’hui, dans la région de Québec en particulier, on ne peut pas blâmer les citoyens de cette façon-là. Le gouvernement doit lui-même faire un examen de conscience sur le cheminement qu’il a pris au cours des quatre dernières semaines dans la gestion de la pandémie.»

«Le gouvernement, soit il a fait fi des signaux qui étaient disponibles pour lui, pour plaire aux Québécois, pour continuer d’avoir un message positif, mais, quelque part, il a vraisemblablement favorisé aussi un certain relâchement en indiquant que les choses allaient bien, alors que les signaux étaient contraires à ce qui se passait en Europe, en France notamment, ce qui se passait en Ontario, ce qui commençait à se passer au Québec, et on a détourné le regard», accuse-t-il.