Pauline Marois lors de son dernier passage en Outaouais.

Le Québec plongerait en campagne électorale dès le 5 mars

Le bruit d'élections le 7 avril, dont la course serait lancée le 5 mars, s'amplifie. Les chefs des principaux partis, eux, battent déjà campagne, sillonnant le Québec en tous sens.
Les spéculations continuent d'agiter les politiques. Selon certaines, l'impatience gagne les stratèges du Parti québécois (PQ), tentés de profiter du climat décrit par les sondages. L'idée d'attendre après le passage des «Janette», en commission parlementaire sur la charte de la laïcité, le 10 mars, pour raviver le débat sur le sujet, semble moins attirante.
Les leaders de trois principales formations à l'Assemblée nationale - le Parti québécois, le Parti libéral du Québec et la Coalition avenir Québec - étaient tous sur la route, jeudi. C'est là qu'ils ont passé le plus clair de leur temps ces derniers jours.
Les parcours de la péquiste Pauline Marois et du libéral Philippe Couillard se sont même croisés. Tous deux ont effectué une virée en Outaouais.
La première ministre y a notamment été conférencière à la Chambre de commerce. Cette semaine, elle y est aussi allée d'annonces à Rimouski, lundi, et, le lendemain, à Baie-Comeau - sur les tarifs d'électricité aux alumineries de la firme Alcoa.
Le meneur du Parti libéral du Québec (PLQ), Philippe Couillard, est celui qui a mis au compteur le plus de kilomètres. Sa tournée a débuté vendredi, à Rimouski. De là, il s'est rendu à Rouyn-Noranda et à Amos, en Abitibi, à Montréal, puis à Baie-Comeau et à Sept-Îles, sur la Côte-Nord, et, hier, à Gatineau. Il rentre chez lui, demain soir, à son domicile de Saint-Félicien, dans Roberval.
Le chef et fondateur de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a aussi effectué son propre tour du Québec. Il a amorcé sa semaine par une annonce à Gaspé, blâmant au passage le gouvernement Marois de consacrer de 400 millions $ en fonds publics pour une mégacimenterie à Port-Daniel, en Gaspésie. Mercredi, il s'est rendu sur la Côte-Nord, à Baie-Comeau. Il a passé la journée de jeudi en Abitibi, à Rouyn-Noranda.
Les listes de candidats s'allongent
C'est du côté du PQ que l'effervescence est la plus palpable, pour ce qui est des candidatures. Hier, la formation de Pauline Marois a confirmé que l'avocat et ex-courriériste parlementaire Alexis Deschênes portera ses couleurs dans Trois-Rivières. Ce matin, l'ex-ministre Linda Goupil confirme qu'elle se présente dans Bellechasse.
Dans la grande région de Québec, les organisateurs confirment l'intérêt d'un sous-ministre, Patrice Dallaire, à se présenter dans Louis-Hébert. Les noms de deux attachés politiques, Catherine Paré et Christian Robitaille, circulent. Dans le premier cas, pour Chutes-de-la-Chadière (Rive-Sud); impossible de savoir la circonscription où pourrait atterrir le second nom.
Étienne-Alexis Boucher a été député de Johnson de 2008 à 2012. Il tente de nouveau sa chance, mais dans Richmond, indique-t-on. Un conseiller de Pauline Marois, Patrick Lahaie, irait dans Laviolette, près de Trois-Rivières. Un autre, Harold Lebel, est destiné à Rimouski, mais sans avoir pu faire l'économie d'une controverse avec un jeune militant, Thomas Briand-Gionest, qui lorgnait la candidature.
Sur l'île de Montréal, des personnalités du monde des arts porteront les couleurs péquistes. La femme de théâtre Lorraine Pintal tentera de ravir Verdun aux libéraux; la comédienne Sylvie Legault essaiera de déloger le solidaire Amir Khadir dans Mercier.
La CAQ a accompagné la tournée de son chef par les noms d'intéressés à se présenter au scrutin. Parmi eux, un homme d'affaires et maire de Ville-Marie, Bernard Flébus, qui tentera pour la seconde fois de devenir député. En 2012, il a fini troisième, mais avec un recul de moins de 4000 votes sur le péquiste Gilles Chapadeau.
Le PLQ a repris la nomination de candidats, hier. France Gagnon sera en lice dans La Peltrie, le fief du caquiste Éric Caire. Les libéraux continuent de réserver le dévoilement de candidatures d'envergure pour plus tard, notamment pour leur équipe économique. L'ex-pdg d'Investissement Québec Jacques Daoust est approché pour Verdun, dont l'actuel député libéral Henri-François Gautrin vient d'être viré par la haute direction du PLQ.
Neuf départs au PLQ
Depuis l'arrivée de Philippe Couillard à la tête du Parti libéral, neuf députés ont quitté ou quitteront les rangs, en incluant M. Gautrin. Il s'agit de Raymond Bachand, candidat malheureux de la course à la direction du PLQ; d'Emmanuel Dubourg, maintenant élu à Ottawa; de Fatima Houda-Pépin, expulsée pour ses positions sur la charte de la laïcité; de Danielle St-Amand que des ennuis de santé poussent à la retraite; Yolande James, Pierre Marsan, Charlotte L'Écuyer et Jean-Paul Diamond ont annoncé que leur carrière se termine avec le prochain scrutin.