Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée

Le PQ rejette les quotas pour la diversité dans le parti

Frileux à l'idée de quotas, les délégués péquistes ont rejeté dimanche certaines propositions visant à garantir dans les instances la proportion de membres de communautés culturelles et de personnes de moins de 40 ans.
Réunis en Conseil national à Drummondville, les militants ont statué sur une vingtaine de mesures issues du rapport de Paul St-Pierre Plamondon visant à relancer le PQ, particulièrement auprès de ces groupes cibles.
Au terme d'un débat, les délégués ont notamment dit non à une proposition qui favorisait la présence au sein de chacun des exécutifs d'au moins une personne de la diversité.
Une militante issue d'une minorité est d'ailleurs intervenue pour dire qu'elle était contre et qu'elle était engagée dans le parti pour militer et pour être jugée à son mérite et non pour remplir des quotas.
Sans contester le résultat, Paul St-Pierre Plamondon estime que le vote favorable était peut-être plus important, mais il n'y a pas eu de décompte.
Il estime qu'il est «incohérent» d'imposer des quotas à des sociétés d'État comme le veut le PQ actuellement sans s'en imposer soi-même, mais il a ajouté qu'il faut désormais repenser à comment atteindre l'objectif.
«La question des quotas est toujours sensible, est-ce qu'on peut atteindre l'objectif sans quota?» s'est-il demandé en point de presse après les débats.
Il persiste à croire qu'il faudrait réserver des places aux personnes issues de la diversité et veut revenir à la charge dans d'autres forums, notamment au congrès du PQ prévu en septembre.
Autre recommandation rejetée dans sa forme originale: l'attribution du tiers des sièges des instances du PQ à des membres de moins de 40 ans, en vue d'assurer la relève - une proposition calquée sur ce qui se fait au Parti libéral du Québec.
Les délégués l'ont amendée pour qu'elle «favorise» des exécutifs composés d'un tiers de personnes de moins de 40 ans.
M. St-Pierre Plamondon ne s'en est pas formalisé, puisque selon lui, les exécutifs ont été déjà massivement investis par des gens de ce groupe d'âge.
Au moins 16 %
Le chef péquiste Jean-François Lisée a par ailleurs assuré qu'il y aura au moins 16 % de délégués issus de la diversité au congrès, mais il est moins ferme pour les candidats au scrutin de 2018.
«On aimerait ça, on va travailler là-dessus, je ne peux pas dire maintenant, on est à la recherche active, a-t-il déclaré. C'est un souhait, c'est un objectif.»
La proportion de 16 % correspond à la part de minorités visibles dans la population québécoise.
Autres mesures
Par ailleurs, les membres ont accepté les autres mesures du rapport de Paul St-Pierre Plamondon favorisant une plus grande diversité.
Notons une démarche de mentorat intergénérationnel, par laquelle tout membre d'exécutif âgé de plus de 70 ans pourra trouver un protégé de moins de 40 ans à qui céder son siège pour ensuite l'encadrer pendant deux ans.
Le PQ retient également l'idée d'un «off congrès», une sorte d'événement parallèle au congrès de septembre, un laboratoire d'idées ouvert à tous, particulièrement aux moins de 40 ans et aux personnes issues de la diversité, et le chef ainsi que l'exécutif national s'engageraient à tenir compte de ses propositions.
Mentionnons également:
• atteindre rapidement une juste représentation de la diversité dans la fonction publique, les organismes publics et parapublics, ainsi que dans les conseils d'administration de ces organisations;
• mettre en oeuvre des mesures concrètes pour briser l'isolement et la pauvreté des femmes immigrantes;
• faciliter l'accès à des ressources d'intégration et de francisation;
• mettre sur pied un comité de suivi permanent sur l'intégration et la lutte contre la discrimination et le racisme, pour s'assurer que les mesures mises en place donnent des résultats concrets;
• le soutien aux cultures et aux langues autochtones.
Ces recommandations proviennent du rapport «Osez repenser le PQ», élaboré par Paul Saint-Pierre Plamondon, au terme de plus de 160 consultations et plus de 3000 personnes sondées.
Ce candidat défait à la direction du parti l'an dernier, vu comme une des voix de ceux qu'on appelle les orphelins politiques, avait été mandaté par M. Lisée pour entreprendre des consultations en vue de relancer le PQ, particulièrement auprès des personnes de moins de 40 ans, des entrepreneurs et des communautés culturelles.
Ce conseil national était un prélude au congrès de la formation prévu les 8, 9, et 10 septembre, à Montréal, qui doit accoucher du programme du PQ en vue des élections générales de l'an prochain.