Actuellement, le Parti québécois peut compter sur 54 élus au Parlement. Il ne lui en manque que neuf pour gouverner de façon majoritaire, et ainsi pouvoir faire adopter ses projets de loi sans entrave.

Le PQ vise 75 sièges et une majorité

Les stratèges du gouvernement du Parti québécois visent un minimum de 75 circonscriptions au soir du scrutin à venir.
C'est plus qu'il n'en faut pour former un gouvernement majoritaire dans une Assemblée nationale qui compte 125 sièges - si leur pronostic se réalise.
Cette cible ne sera jamais énoncée publiquement. D'abord, parce que l'équipe péquiste veut éviter de se montrer trop confiante sur la ligne de départ. Ensuite, parce qu'elle sait aussi que tout peut se produire durant une campagne électorale, y compris un revirement. Mais l'objectif existe bel et bien.
Actuellement, le Parti québécois peut compter sur 54 élus au Parlement. Il ne lui en manque que neuf pour gouverner de façon majoritaire, et ainsi pouvoir faire adopter ses projets de loi sans entrave.
Au gouvernement, on n'imagine pas perdre une seule circonscription lors du prochain scrutin général - pas même celle de Johnson, représentée par le ministre Yves-François Blanchet, ni celle de Saint-François, détenue par son collègue de la Santé, Réjean Hébert. Le premier l'a emporté par 203 voix la dernière fois; son collègue Hébert, par 65 votes à peine.
Des prises à la CAQ
Chez les péquistes, on se dit convaincu d'arracher plusieurs circonscriptions à la Coalition avenir Québec au sud et au nord de Montréal. Parmi elles: La Prairie, Montarville, Saint-Jérôme et Groulx. Mais aussi Blainville, dont le député, Daniel Ratthé, a été chassé du caucus caquiste.
La formation de Pauline Marois rêve également à Drummond-Bois-Francs et à Nicolet-Bécancour.
Elle vise des circonscriptions libérales en misant, encore là, sur une chute du vote caquiste. Trois-Rivières, Papineau, Richmond, Brome-Missisquoi, Mégantic, Maskinongé, Verdun, deux circonscriptions de Laval, Bellechasse et Jean-Lesage, dans la capitale, sont dans sa mire.
Si en coulisses des péquistes affichent une confiance certaine en cette veille de déclenchement des hostilités électorales, leurs adversaires libéraux et caquistes les mettent en garde contre un excès de confiance.
Moins de 33 000 voix...
Ils invitent à comparer les espoirs qu'avait le Parti québécois avant la dernière campagne électorale avec les résultats réellement sortis des urnes, le 4 septembre 2012.
Le Parti québécois a recueilli 31,95 % des suffrages il y a 18 mois; le Parti libéral du Québec, 31,20 %, et la Coalition avenir Québec, 27,05 %.
Moins de 33 000 voix ont séparé les péquistes des libéraux - alors que plus de 4,4 millions de citoyens ont exercé leur droit de vote.
Québec solidaire avait obtenu 6 % des voix et Option nationale, moins de 2 %.
Mais la situation en cette veille d'élections est meilleure que ce qu'elle était la fois dernière, soutient-on chez les péquistes.
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Des rivaux du milieu économique à Lévis
Une ex-directrice de la Chambre de commerce de Lévis, Sylvie Girard, affrontera le caquiste Christian Dubé dans la circonscription de Lévis. Les deux rivaliseront sur le terrain économique, peut-on déjà prévoir. M. Dubé est le porte-parole caquiste en matière de Finances publiques. Pour l'anecdote, Sylvie Girard est la soeur du comédien Rémy Girard. Le Parti québécois a presque complété la liste de ses candidats dans la région de la Chaudière-Appalaches, réputée très difficile pour lui.
Outre Linda Goupil, dans Bellechasse, la formation souverainiste comptera entre autres sur une attachée politique du ministre Gaëtan Lelièvre, Catherine Paré. Mme Paré portera les couleurs péquistes dans le fief caquiste de Chutes-de-la-Chaudière, représenté à l'Assemblée nationale par Marc Picard. Le maire d'East Broughton, Kaven Mathieu, représentera le Parti québécois dans Lotbinière-Frontenac. Il a été le plus jeune maire du Québec lorsqu'il a été élu en 2009. Il avait alors 23 ans.
Dans Beauce-Sud, c'est un étudiant en droit de l'Université Laval, Alex Gagnon-Lacroix, qui donnera la réplique au vétéran député libéral Robert Dutil. André Simard, un adjoint du vice-premier ministre François Gendron, a pour sa part décidé de retenter sa chance dans Côte-du-Sud.