Michelle Courchesne

Le PQ veut la tête de Michelle Courchesne

La ministre Michelle Courchesne doit démissionner et la commission Charbonneau devrait se pencher sur le «scandale des garderies libérales», estime le Parti québécois.
Il apparaît clair pour le député péquiste Nicolas Girard que la ministre, à quelques mois d'une campagne électorale en 2008, a «abusé» de son pouvoir discrétionnaire pour favoriser des contributeurs du Parti libéral du Québec (PLQ).
«Elle est quand même présidente du Conseil du trésor et elle a fait des fling-flang avec les places à 7 $, accuse-t-il. Comment peut-on continuer à lui faire confiance?»
Le député de Gouin, qui a posé quelque 150 questions sur le sujet à l'Assemblée nationale, a trouvé dans le rapport du Vérificateur général la confirmation de ses craintes. «On a trouvé ce scandale-là parce qu'on a rencontré des experts de la petite enfance [qui avaient des projets] qui se sont fait dépasser au fil d'arrivée par des agents d'immeubles, des organisateurs du PLQ ou des spécialistes de l'abattage de bovins parce qu'ils n'avaient pas contribué à la caisse du Parti libéral», dénonce-t-il.
Il s'interroge aussi sur les raisons pour lesquelles l'ex-ministre Tony Tomassi a été nommé ministre de la Famille, sur les faits que six membres de son exécutif possédaient des garderies subventionnées et que certains de ses proches ont obtenu des permis. Les évaluations des 1900 projets déposés devraient être rendues publiques pour mettre les choses au clair.
«Si on est arrivé aujourd'hui à ce scandale des garderies libérales, c'est parce que Mme Courchesne a modifié et politisé le processus d'attribution des places», dénonce M. Girard.
Il souhaite que le mandat de la commission Charbonneau sur la construction soit élargi pour enquêter sur ce dossier.
À l'Action démocratique du Québec, le député de Shefford, François Bonnardel, s'est aussi dit «indigné» des constatations du Vérificateur général. «Le gouvernement Charest a graissé la famille libérale et ce sont les enfants québécois qui en font les frais», a-t-il lancé.
La Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui regroupe quelque 15 000 éducatrices en garderie, exige une «enquête indépendante». «Le rapport démontre qu'en récupérant à son compte l'octroi de places dans les services de garde, ce gouvernement n'avait pas à coeur l'intérêt de la population, mais plutôt ses seuls intérêts politiques», affirme la CSQ.