Jean-François Lisée a souligné que la pauvreté est un phénomène «changeant» et que les solutions doivent donc elle aussi évoluer. Celles que propose déjà le Parti québécois s'articulent principalement autour des organismes communautaires et des logements abordables.

Le PQ veut élaborer un plan contre la pauvreté

Le Parti québécois mandate trois de ses députés pour réaliser une tournée de la province afin d'élaborer un programme de lutte contre la pauvreté, a annoncé son chef Jean-François Lisée, dimanche.
À l'occasion d'un point de presse à Montréal, M. Lisée a révélé l'équipe baptisée «Solidarité en action», qui comprend les députés Catherine Fournier, Dave Turcotte et Harold Lebel.
Ce dernier, qui était chef de cabinet au moment de l'adoption de la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale sous le gouvernement de Bernard Landry, en 2002, a insisté sur l'importance de se rendre sur le terrain pour élaborer cette politique plutôt que de la rédiger «en catimini» dans des bureaux.
Jean-François Lisée se croit «fidèle à la tradition» de son parti en cherchant à s'attaquer aux inégalités. Il a également souligné que la pauvreté est un phénomène «changeant» et que les solutions doivent donc elle aussi évoluer. Celles que propose déjà le Parti québécois s'articulent principalement autour des organismes communautaires et des logements abordables.
Le Parti québécois s'engage déjà, s'il prend le pouvoir l'an prochain, à rehausser le soutien au milieu communautaire avec un financement récurrent et cumulatif au cours des trois premières années : 60 millions $, la première année, 120 millions $, la deuxième année et 180 millions $ la troisième année. Il promet aussi d'indexer annuellement l'aide financière de tous les organismes d'action communautaire autonome - qu'il accuse les libéraux d'avoir marginalisés.
Dave Turcotte, député de Saint-Jean, a indiqué que des investissements pluriannuels permettraient aux organismes une «meilleure planification» de leurs actions.
Le Parti québécois propose aussi la mise en place d'un programme d'assurance collective spécifique aux travailleurs de ce milieu, de même qu'un regroupement des employeurs dans une mutuelle de prévention en santé et sécurité au travail.
Le Parti québécois axerait également sa stratégie de lutte à la pauvreté sur l'accessibilité aux logements à prix modiques, notamment par le biais du programme AccèsLogis.
Plus de 227 000 ménages consacrent plus de la moitié de leurs revenus pour se loger, a soulevé Catherine Fournier - une proportion que la jeune députée de Marie-Victorin juge trop élevée.
En ce qui a trait à l'aide à l'amélioration de l'habitat, elle dénonce le budget «famélique» de l'an dernier et souhaite ramener l'enveloppe à son niveau de 2013-2014, sous le gouvernement de Pauline Marois.
«La composition de l'itinérance a changé, l'importance de la pauvreté chez certaines communautés est plus aiguë : ce sont des réalités que connaissent les organisations sur le terrain», a exposé M. Lisée, qui dit vouloir «mettre à jour les connaissances» sur le phénomène.
Effectifs
Interrogé sur le déclin du nombre de membres du Parti libéral du Québec, Jean-François Lisée a avancé que les chiffres traduisent «la déconnexion des libéraux par rapport aux priorités des Québécois».
Si le PLQ ne compte plus que 30 000 membres, l'effectif péquiste se situe pour sa part à 80 000, a-t-il tenu à souligner, ajoutant que ceci démontre «l'empreinte démocratique» de sa formation.