Venu encourager son candidat, Normand Beauregard, le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée (à gauche), a dit sentir un vent de changement souffler chez les électeurs de la circonscription de Louis-Hébert.

Le PQ sent un vent de changement dans Louis-Hébert

À quelques heures du vote dans Louis-Hébert, le candidat du Parti québécois, Normand Beauregard, estime que l'élection partielle se joue désormais entre lui et la candidate caquiste Geneviève Guilbault. Un enthousiasme partagé par le chef Jean-François Lisée, venu faire campagne avec son candidat, samedi.
«On se rend compte qu'ici il n'y a pas de nostalgie pour le Parti libéral. L'attachement au Parti libéral, je pense que c'était très proche de Sam Hamad. Les gens veulent un changement», a d'abord souligné Jean-François Lisée, samedi, serrant des mains à la sortie d'un supermarché à Saint-Augustin. Dans une campagne forte en rebondissements, qui a vu le Parti libéral et la CAQ remplacer leur candidat en cours de route, le chef péquiste semble croire que le Parti québécois a gagné du terrain.
«Nous, on veut montrer qu'il y a un progrès significatif qui peut aller jusqu'à une victoire», lance-t-il. «Les libéraux ont des racines importantes ici. Je ne prévois pas un effondrement du Parti libéral, mais le fait que le Parti québécois soit compétitif dans un château-fort libéral, ça donne une idée de l'usure du pouvoir et de la volonté de changement des Québécois.»
«Un signal»
Les résultats de la partielle seront «un signal» pour tous les partis sur leur popularité respective, selon M. Lisée. «On va comparer avec la dernière élection et l'on va voir quels ont été les progrès ou les reculs.»
Serait-ce décevant si son parti est encore battu par libéraux et caquistes dans Louis-Hébert malgré leurs difficiles campagnes respectives? Le chef dressera ses constats une fois le résultat du vote connu, dit-il, mais il serait «très surprenant» que son parti recule par rapport à l'élection 2014, qui avait vu le PQ amasser un peu plus de 18 % des votes.  
«Je pense que François Legault a eu une très mauvaise fin de campagne pour sa candidate. Coup sur coup, la semaine dernière, il a appuyé Uber, une multinationale étrangère qui ne veut pas se plier à nos réglementations, puis Mélanie Joly, qui n'a pas traité la multinationale Netflix au même titre que nos producteurs locaux. Il a manqué de jugement et ça lui nuit beaucoup. Un premier ministre qui céderait aux multinationales étrangères, je ne pense pas que c'est ce que les gens de Louis-Hébert veulent.»
***
Optimisme prudent au PLQ et à la CAQ
Les autres candidats à la députation dans la circonscription de Louis-Hébert affichent un optimisme prudent en vue du scrutin de lundi.
La candidate du Parti libéral, Ihssane El Ghernati, se félicite d'avoir mené une campagne positive, de terrain à la rencontre des citoyens.
Cette proche collaboratrice de Sam Hamad estime que son expérience auprès de l'ex-député l'a aidée. En entrevue à La Presse canadienne, elle a assuré que les citoyens qu'elle rencontre ne lui ont «pas du tout» parlé des enjeux d'intégrité et d'éthique, affirmant que les gens la connaissaient et lui font confiance.
La candidate du Parti libéral, Ihssane El Ghernati, se félicite d'avoir mené une campagne positive où elle est allée à la rencontre des citoyens.
M. Hamad a quitté la vie politique quelques semaines après le déclenchement d'une enquête du Commissaire à l'éthique et à la déontologie au terme de laquelle il n'a pas été blâmé.
Mme El Ghernati refuse de dire si le résultat du vote aura une signification nationale, rappelant que les élections générales se dérouleront en 2018. En attendant, elle et son organisation se concentrent sur les enjeux de Louis-Hébert.
Quelle participation?
La candidate-vedette de la Coalition Avenir Québec, Geneviève Guilbault, a affirmé quant à elle avoir constaté un «vent de changement qui est palpable».
Sa plus grande crainte : que les citoyens restent chez eux et ne se rendent pas aux urnes. La sortie du vote sera déterminante, selon elle.
Geneviève Guilbault souligne que l'élection d'un candidat caquiste dans Louis-Hébert permettrait d'envoyer un «puissant message au gouvernement que [la population] est tannée d'être tenue pour acquise».
Celle qui fut directrice des communications et porte-parole du Bureau du coroner du Québec estime qu'une victoire serait «l'ultime signal, la concrétisation d'un changement après 15 ans de règne libéral».
Selon elle, les électeurs ont «un goût de renouveau et d'intégrité». Ils veulent «élire des gens qui vont trouver des solutions aux problèmes, qui vont redonner de l'argent dans les poches des familles». Elle souligne que l'élection d'un candidat caquiste dans Louis-Hébert permettrait d'envoyer un «puissant message au gouvernement que [la population] est tannée d'être tenue pour acquise».
Lors du précédent scrutin dans la circonscription de Louis-Hébert, M. Hamad avait emporté une cinquième victoire raflant près de la moitié des suffrages.