Jean-François Lisée.

Le PQ peut gagner sans QS, corrige Lisée

Le Parti québécois peut remporter une victoire majoritaire sans alliance stratégique avec Québec solidaire, estime Jean-François Lisée, contrairement à l'analyse faite par son leader parlementaire.
Le chef péquiste a corrigé jeudi après-midi l'appréciation des perspectives électorales faites par son député Pascal Bérubé advenant un échec de la convergence souverainiste. 
«Moi, je pense que le PQ est très bien positionné pour être majoritaire», a affirmé M. Lisée, en point de presse. 
Plus tôt en journée, son leader Pascal Bérubé a estimé qu'il serait «difficile» d'atteindre la majorité sans entente avec QS. Les libéraux ont entre 40 et 50 circonscriptions acquises d'emblée élection après élection, a-t-il fait valoir. «C'est géographique et mathématique», a déclaré le leader de l'opposition et député de Matane. 
Les membres solidaires se réunissent en congrès au cours de la fin de semaine pour décider de leur ouverture à parler alliance stratégique avec le PQ. La sortie de M. Bérubé faisait peser beaucoup de pression sur l'issue du congrès solidaire. 
«Je pense que Pascal a affiché un optimisme moins grand que le mien, et moi, je suis plus optimiste que Pascal», a dit M. Lisée.
Deux principales options 
Deux grandes écoles de pensée existent en matière d'alliance électorale entre le PQ et QS : soit le partage d'entre 20 à 30 circonscriptions où la division du vote souverainiste a permis aux libéraux de vaincre, soit, en plus de ce partage, un pacte de non-agression dans toutes les circonscriptions détenues par un péquiste ou un solidaire. Chaque option se décline dans différents scénarios plus spécifiques. Jeudi, M. Lisée n'a pas voulu dire quelle est sa préférence. 
L'argent entre aussi en ligne de compte. Chaque vote obtenu par un candidat rapporte 1,50$ à son parti en financement public du Directeur général des élections. Si l'on s'abstient de présenter un candidat, peu importe ses chances de gagner, on se prive des revenus que chacun de ses votes apportera. 
La députée de Joliette, Véronique Hivon, chargée de faire le pont avec les autres formations souverainistes, souhaite que la convergence soit comprise au-delà de son aspect stratégique. «Ce n'est pas d'abord une question de calcul, c'est de se dire que le tout peut être plus grand que la somme des parties», a dit Mme Hivon.