Pauline Marois

Le PQ met «sur la glace» l'augmentation du salaire des députés

Le gouvernement Marois a fait une croix sur le rapport du comité de l'ex-juge Claire L'Heureux-Dubé, qui a suggéré avant Noël de hausser le salaire de base des 125 élus de l'Assemblée nationale.
«Notre position est maintenant de laisser le rapport sur la glace», confie le whip en chef du gouvernement du Québec, Marjolain Dufour. «Il y a un os dans le fromage», déplore-t-il en entrevue.
Cet «os» est la décision prise en décembre par la Coalition avenir Québec de refuser de donner son accord à toute augmentation de salaire avant le retour à l'équilibre budgétaire. Pas avant 2015-2016 au mieux, donc.
Une règle non écrite veut qu'un tel projet soit avalisé de façon consensuelle à l'Assemblée nationale.
Marjolain Dufour confirme pour la première fois que cette règle sera respectée. Son gouvernement renonce à avancer dans les circonstances.
Il n'a pas l'intention de prendre le leadership dans ce dossier.
M. Dufour regrette la tournure des événements. Il note que le rapport du comité présidé par Claire L'Heureux-Dubé est «équilibré». Ses recommandations pourraient être mises en place à «coût nul», observe-t-il.
En échange d'une hausse de leur salaire de base, les indemnités de toutes sortes versées aux députés seraient rognées. Ces derniers devraient doubler leur contribution à leur régime de retraite.
En ce qui a trait au salaire comme tel, le rapport propose de le faire passer de 88186 $ à 136 000 $ par année. Et de 180 781 $ à 272 020 $ pour la personne occupant le poste de chef du gouvernement du Québec.
Des élections générales devraient avoir été convoquées d'ici à l'atteinte du «déficit zéro». Voilà pourquoi Marjolain Dufour croit maintenant que cette question pourra n'être réglée que par les élus de la prochaine législature - si elle l'est.
Ce qui est sûr est qu'elle ne sera abordée par aucun parti politique en campagne électorale. Elle est trop délicate; pas très populaire.
Selon des informations du Soleil, le gouvernement Marois n'aurait pas pour autant l'intention de soumettre à nouveau, lors de la session parlementaire s'amorçant le 11 février, son projet de loi 33 prévoyant l'abolition des allocations de transition.
Inutile, dit-on. On fait valoir que la preuve aurait été faite ces derniers mois que les libéraux sont opposés à son adoption.
Le Parti québécois pourrait s'en servir comme matériel électoral, peut-on comprendre. Le comité de Claire L'Heureux-Dubé a aussi recommandé l'abolition des «primes de départ» offertes aux députés quittant leur siège sans raison valable pendant leur mandat. L'ex-député du Parti libéral du Québec, Emmanuel Dubourg, a empoché une «prime» de 100 000 $ à la fin de l'été dernier, après avoir quitté le Parlement québécois. Il a été élu député fédéral en novembre.