Pour Jean-François Lisée, le fait que plus 90 % des immigrants qui se soumettent au cours de francisation ne passent pas le test de rédaction est « un échec pour eux et aussi un échec pour nous ».

Le PQ ferait du français une condition préalable à l’immigration

S’il est porté au pouvoir en octobre prochain, le Parti québécois fera adopter une loi qui exigera qu’un immigrant sache d’abord parler français avant de venir s’installer au Québec. Cette loi fera de la connaissance du français « une condition préalable » au fait de s’installer au Québec, plutôt que de se soumettre à un parcours de francisation, qui s’est avéré un échec lamentable, selon le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée.

En entrevue à La Tribune dans le cadre d’une tournée de deux jours en Estrie, le chef péquiste a vivement réagi au rapport de la vérificatrice générale démontrant le faible taux de francisation des immigrants et l’absence de suivi à l’égard des désistements.

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Pour Jean-François Lisée, le fait que plus 90 % des immigrants qui se soumettent au cours de francisation ne passent pas le test de rédaction est « un échec pour eux et c’est aussi un échec pour nous », a-t-il déclaré, en promettant de corriger cette situation si son parti forme le prochain gouvernement.

Ainsi, dans les 101 premiers jours d’un gouvernement du Parti québécois, l’Assemblée nationale sera appelée à voter la loi 202, créant le droit à la francisation et qui fera du français une condition préalable à l’immigration, a indiqué M. Lisée. Selon lui, la réussite d’une politique d’immigration doit passer par la connaissance du français « en amont » plutôt qu’après être arrivé au Québec.

« On va d’abord prendre ceux et celles qui parlent déjà le français, a précisé M. Lisée. Ils devront se soumettre à un test de français avant de prendre l’avion. S’ils réussissent le test, on va leur dire : vous êtes infirmière ou encore vous êtes soudeur, on a un travail pour vous à tel endroit. Voulez-vous vous installer à cet endroit ? Oui ! Alors venez directement. Si vous voulez venir et que vous ne passez pas le test, restez chez vous, passez un an de plus à apprendre le français chez vous, nous allons vous aider à l’apprendre, mais ne venez pas ici échouer (le test). Venez quand vous aurez cette capacité-là », décrit le chef péquiste, qui cite en exemple la Grande-Bretagne et les Pays-Bas comme modèles de politique d’immigration axée sur la connaissance de la langue de la société d’accueil.



Allons recruter partout dans le monde les gens qui ont cette compétence.
Jean-François Lisée

M. Lisée estime que la connaissance du français comme préalable à l’immigration ne réduira pas le bassin de travailleurs étrangers susceptibles de combler la pénurie de main-d’œuvre au Québec.

« Il y a 150 000 personnes par année qui sortent des lycées français un peu partout dans le monde, dit-il. Allons recruter partout dans le monde les gens qui ont cette compétence. En fait, il y a plus de gens qui ont le français comme langue seconde en Grande-Bretagne qu’en Colombie-Britannique. C’est quand même incroyable… »

Enfin, M. Lisée précise que l’éventuelle loi 202 ne s’appliquerait pas aux immigrants reçus, quel que soit leur niveau de connaissance du français : « Les 60 % d’immigrants qui sont venus ici en ne parlant que l’anglais sont arrivés en respectant les règles », dit-il, tout en fustigeant la position de la Coalition avenir Québec de François Legault sur l’immigration.

« La différence entre nous et la CAQ, c’est que nous on veut que les immigrants connaissent le français avant d’arriver, alors que la CAQ veut les faire venir, et si après trois ans ils ne passent pas le test, on les renvoie chez eux. Non seulement ce n’est pas sérieux, mais ce n’est pas humain, non plus », a-t-il déclaré.

Après une rencontre citoyenne en soirée jeudi, M. Lisée doit rencontrer vendredi le nouveau maire de Sherbrooke, Steve Lussier, pour ensuite participer à la vigile en l’honneur du blogueur Raif Badawi.