Le candidat à la direction du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau

Le PQ craint un «tribunal politique» pour Péladeau

Le Parti québécois craint que l'étude du rapport du commissaire à l'éthique par les parlementaires ne vire au «tribunal politique» contre le député de Saint-Jérôme, Pierre Karl Péladeau.
La Commission des institutions entendra le 26 mai le commissaire à l'éthique, Jacques Saint-Laurent, au sujet des 23 recommandations qu'il a émises pour bonifier le code d'éthique des députés. Parmi celles-ci, clarifier l'utilisation des fiducies sans droit de regard, comme compte le faire l'actionnaire de contrôle de Québecor avec son entreprise. 
Pour son collègue, le député péquiste Pascal Bérubé, l'exercice virera nécessairement au «tribunal politique» contre le favori dans la course à la chefferie du parti. Il s'attend à ce que la majorité libérale cherche à malmener celui qui pourrait être devenu chef du PQ quelques jours auparavant.
D'après le chef intérimaire Stéphane Bédard, les libéraux ont trois «obsessions» : «s'attaquer aux familles et aux régions, augmenter les taxes et Pierre Karl Péladeau». Outre le commissaire à l'éthique, le jurisconsulte de l'Assemblée nationale, Claude Bisson, doit être entendu le 2 juin. Il a déjà émis l'avis qu'une fiducie ne peut être considérée comme étant «sans droit de regard» si des ordres - comme de ne pas vendre des actions - sont donnés au fiduciaire. 
Cas «pas banal»
Le premier ministre Philippe Couillard a noté jeudi que le «cas spécifique» de M. Péladeau fait uniquement partie de l'ensemble des recommandations émises par le commissaire, et qui seront toutes analysées en commission, comme prévu par loi. Mais le cas du député de Saint-Jérôme n'est «pas banal», a poursuivi M. Couillard. «Une position de contrôle d'un empire médiatique par un élu qui veut être éventuellement chef de l'opposition et qui aspire éventuellement à diriger le Québec, il n'y a pas beaucoup d'endroits où ça ne prêterait pas à discussion», a-t-il affirmé. 
Le chef caquiste François Legault, qui estime que la situation de M. Péladeau est intenable, se demande pourquoi les libéraux ont tant attendu avant de mandater la commission des Institutions.