D'après Jean-François Lisée, il est essentiel que l'État intervienne pour la survie de l'information régionale, notamment parce qu'il y aurait corrélation entre la place accordée à ce type de nouvelles et le taux de participation aux élections municipales.

Le plan média de Lisée: des nouvelles chaque jour à Télé-Québec

Déclin de la couverture régionale oblige, un Québec dirigé par Jean-François Lisée verrait le mandat de Télé-Québec s'élargir afin qu'y soit diffusés, à la télé et sur le Web, des bulletins d'informations locales quotidiens.
La proposition du candidat à la chefferie du Parti québécois vise à redonner une place de choix à l'information régionale, ce «service essentiel qui, en ce moment, présente des signes de déclin inquiétant», déplore Jean-François Lisée.
Selon Influence Communication, les nouvelles locales représentaient 8 % des nouvelles diffusées en 2001 au Québec. Elles prendraient aujourd'hui moins de 1 % de la place de diffusion. «Depuis le début des années 2000, les régions ont perdu 88 % de leur vélocité dans les médias», ajoute Jean-François Dumas, président d'Influence Communication, dans un bilan datant de 2015.
M. Lisée propose ainsi de «mettre sur pied des "Carrefours de l'information" constitués autour des dix bureaux régionaux de Télé-Québec, qui produiraient de l'information locale et régionale pour alimenter un bulletin avec un contenu 100 % régional, incluant des nouvelles nationales». Ce bulletin serait d'abord bihebdomadaire, pour devenir éventuellement quotidien. Les bureaux régionaux de Télé-Québec sont présentement situés à Val-d'Or, à Carleton-sur-Mer, à Rimouski, à Trois-Rivières, à Québec, à Sept-Îles, à Gatineau, à Sherbrooke et à Jonquière.
L'idée d'étendre la mission de Télé-Québec à la couverture de l'information régionale a déjà été proposée dans le passé, notamment dans un rapport déposé en 2010 par Dominique Payette, «L'information au Québec : un intérêt public».
D'après Jean-François Lisée, il est essentiel que l'État intervienne pour la survie de l'information régionale, notamment parce qu'il y aurait corrélation entre la place accordée à ce type de nouvelles et le taux de participation aux élections municipales. Par ailleurs, il laisse entendre que «l'absence d'une presse locale forte à Laval» a peut-être contribué à «l'impunité dont a profité pendant des décennies le maire Gilles Vaillancourt, aujourd'hui accusé de gangstérisme».
En tant que premier ministre, Jean-François Lisée investirait de 25 à 45 millions $ - le budget annuel de Télé-Québec se chiffre actuellement à 61 millions $ - pour la mise sur pied de ces «Carrefours de l'information», qui seraient opérationnels avant la fin de son premier mandat, assure-t-il. L'implantation serait toutefois graduelle, «ciblant d'abord les régions où l'offre d'information locale et régionale est déficiente.
Conseil de presse
Visant le renforcement du Conseil de presse du Québec, Jean-François Lisée suggère également d'obliger les entreprises de presse à y cotiser; il parie qu'une fois la cotisation obligatoire instaurée, les médias souhaiteront également y siéger. 
M. Lisée déplore qu'encore aujourd'hui «plusieurs grands quotidiens québécois» refusent de cotiser à ce qui est pour lui «un tribunal d'autodiscipline» essentiel.
Actuellement, le Conseil de presse est constitué de journalistes, de citoyens et de représentants d'entreprises de presse, parmi lesquelles Astral Radio, Cogeco, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, Hebdos Québec, les Quotidiens du Québec, la Société Radio-Canada et Télé-Québec.
Le candidat à la chefferie du Parti québécois fait ces propositions à deux jours du début de la période de votation, qui culminera vendredi par l'annonce du successeur de Pierre Karl Péladeau à la tête du PQ.