Le ministre des Affaires étrangères du Canada, Stéphane Dion, le secrétaire d'État américain, John Kerry et la ministre des Affaires étrangères du Mexique, Claudia Ruiz Massieu, ont rencontré Bonhomme Carnaval sur les Plaines.

Le plan canadien contre l'EI attendra

Promis, juré, le futur plan canadien de lutte contre l'État islamique en Irak sera «optimal». Mais il ne sera pas connu avant plusieurs semaines, a expliqué le ministre des Affaires étrangères du Canada, Stéphane Dion, au terme d'une rencontre avec ses homologues des États-Unis et du Mexique, à Québec.
En conférence de presse, vendredi, les trois ministres des Affaires étrangères ont multiplié les bons mots à propos de leurs réunions «fructueuses» et «constructives». Sur la démocratie en Haïti, sur le réchauffement climatique ou même sur un sujet pointu comme la propagation virus Zika, le trio affichait une unité plus que parfaite. À charge pour les spécialistes de décrypter leur langue de bois diplomatique.
Du côté canadien, on faisait mine d'avoir oublié quelques accrochages récents avec les États-Unis. Notamment le refus américain d'autoriser le passage du pipeline de Keystone XL, dans l'Ouest. Furieux, le premier ministre Stephen Harper aurait annulé une rencontre entre les trois leaders nord-américains, qui devait avoir lieu au Canada.
Des gants blancs...
Même la décision du Canada de cesser les frappes aériennes contre l'État islamique (EI), en Irak, n'a pas assombri une journée où le grand sourire diplomatique était de rigueur. Interrogé sur la stratégie canadienne contre l'EI, le secrétaire d'état américain, John Kerry, a enfilé plusieurs paires de gants blancs, avant d'esquisser une réponse.
M. Kerry s'est dit assuré que ses «amis canadiens» seraient à la hauteur. «Je suis confiant que le premier ministre [Trudeau] et son équipe vont fournir une contribution efficace», a-t-il ajouté. Mais derrière les formules de politesse, on se demande si le secrétaire d'État n'affichait pas une certaine lassitude...
Au final, le ministre Stéphane Dion a promis que l'effort canadien contre l'EI tiendrait compte de la stabilité de plusieurs pays, notamment le Liban et la Jordanie. Sans donner plus de détails. «Nos amis américains ont soumis de nombreuses suggestions pour rendre nos efforts plus efficaces», s'est-il contenté d'expliquer.
Plus tard, au grand plaisir de la ministre des Affaires étrangères du Mexique, Claudia Ruiz Massieu, M. Dion a répété que son gouvernement voulait abolir les visas exigés des Mexicains désirant venir au Canada. Mais une fois de plus, il n'a pas fourni de calendrier. «Ça existe depuis longtemps. On ne peut pas revenir là-dessus du jour au lendemain», a-t-il conclu.
Dans l'ensemble, le ton est resté très détendu. Du moins, en public. À midi, les trois ministres des Affaires étrangères ont même eu droit à une balade sur les Plaines et à une rencontre impromptue avec nul autre que Bonhomme Carnaval. Qui sait? C'est peut-être le Bonhomme qui a inspiré ce commentaire sybillin à l'Américain John Kerry. «Ce n'est pas tout le monde qui se dirige vers le nord, à cette saison, à part les skieurs et les ministres des Affaires étrangères.»