Le ministre du Développement social, Jean-Yves Duclos

Le ministre Duclos délégué pour la «prévente» du budget

Le gouvernement fédéral commence déjà à mettre la table pour son prochain budget, déléguant son «ministre social» sur les routes du pays afin d'expliquer comment les libéraux entrevoient ce qu'ils appellent «les défis de la classe moyenne».
Le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, prendra bientôt le bâton du pèlerin et parcourra le pays pour discuter et prendre le pouls de la classe moyenne au Canada.
En point de presse vendredi à Ottawa, il a soutenu que cette classe moyenne ne se définit pas toujours par des indicateurs économiques précis mais souvent par le sentiment général des citoyens.
Le ministre a quand même rappelé que les revenus des ménages n'augmentent plus au même rythme que pendant les 30 dernières années, et que de moins en moins de Canadiens estiment faire partie de cette fameuse «classe moyenne» si chère aux libéraux fédéraux.
M. Duclos n'a pas, bien sûr, dévoilé le contenu du prochain budget, qui sera déposé le 22 mars à Ottawa. Il a quand même laissé entendre que le ministre des Finances, Bill Morneau, annoncera des initiatives pour former ou requalifier les travailleurs, et pour susciter les investissements privés dans les infrastructures et l'emploi.
De façon générale, le prochain budget fédéral devrait tenter de rassurer les Canadiens qui s'inquiètent de leur emploi et de leurs finances personnelles, a laissé entendre le ministre Duclos.
Quand les contribuables canadiens se sentent plus à l'aise financièrement, ils ont davantage tendance à avoir confiance dans les perspectives de croissance énoncées par le gouvernement fédéral, a-t-il ajouté.
«Les perceptions ont de l'importance, parce qu'elles disent comment la classe moyenne canadienne voit l'avenir. Et l'angoisse, le stress et l'incertitude sont des éléments-clés pour évaluer la qualité de vie des Canadiens», a-t-il illustré.
Définir la classe moyenne
Depuis leur arrivée au pouvoir, les libéraux disent vouloir défendre la classe moyenne mais, dans les faits, celle-ci n'a jamais été définie. Des Canadiens estiment faire partie de la classe moyenne avec des revenus aussi variés que 50 000 $ à 150 000 $, a noté le ministre Duclos. Et il faut ajouter dans la balance des critères comme le coût de la vie, qui diffère selon la municipalité.
Cette confiance en l'avenir est en baisse, selon les libéraux. Le ministre Duclos a d'ailleurs noté que, selon des sondages, les Canadiens sont moins nombreux qu'avant à s'identifier comme faisant partie de la classe moyenne.
Le budget fédéral du 22 mars doit donc inciter les entreprises privées à investir dans la formation des travailleurs. Il doit également prévoir des investissements dans les infrastructures publiques, de façon à stimuler l'économie et l'emploi.
Le ministre Duclos a précisé que le développement des compétences serait un des éléments-clés du prochain budget fédéral.
Dans son plan pour la prochaine année, Emploi et Développement social Canada a indiqué vouloir conclure avec les provinces des ententes sur la formation estimées à 2 milliards $ par année et qui seraient plus souples.
On songe entre autres à rendre les programmes de formation plus accessibles à ceux qui ne touchent pas de prestations d'assurance emploi.