En 2015, des organismes avaient déjà dénoncé le fait que la bonification du crédit pour les travailleurs d'expérience s'effectuerait au détriment de celui fondé sur l'âge, pénalisant les personnes âgées n'étant pas en mesure de travailler en raison de leur état de santé. 

Le gouvernement pige 500 $ dans les poches des aînés, dit l'opposition

La Coalition avenir Québec et le Parti québécois font cause commune pour réclamer que le gouvernement rétablisse les modalités du «crédit d'impôt en raison de l'âge». Des modifications entrant en vigueur cette année permettront à l'État «d'aller piger 500 $ dans les poches des plus vulnérables», s'indignent-ils.
«Ça n'a pas de bon sens. Il faut reculer, a lancé le péquiste Nicolas Marceau. Vous avez changé les règles du jeu sans avertissement. Et il y a des gens qui, aujourd'hui, et pour les cinq prochaines années, vont se faire prendre 500 $ par année.»
Explications : en 2015, le gouvernement a annoncé, dans le budget qu'il a présenté cette année-là, qu'il allait bonifier le «crédit d'impôt pour les travailleurs d'expérience» afin d'inciter un nombre grandissant de Québécois à demeurer plus longtemps sur le marché du travail. Et que ce crédit pourrait être touché, à terme, non plus à partir de 65 ans, mais de 62.
En contrepartie, et c'est là que le bât blesse, selon les partis d'opposition, Québec a annoncé que l'âge d'admissibilité au «crédit d'impôt en raison de l'âge» passerait, lui, de 65 à 70 ans entre 2016 et 2020. Cette année, pour bénéficier de ce crédit, il faudra entre autres avoir 66 ans. En 2020, il faudra en avoir 70.
En 2015, des organismes avaient déjà dénoncé le fait que la bonification du crédit pour les travailleurs d'expérience s'effectuerait au détriment de celui fondé sur l'âge. Ils avaient affirmé que l'opération pénaliserait les personnes âgées n'étant pas en mesure de travailler en raison de leur état de santé.
Bon pour la société, dit Leitão
«Les personnes qui avaient droit au crédit d'impôt en raison de l'âge continueront à y avoir droit. Ça n'a pas changé et ça ne changera pas. Ce qui a changé, c'est l'âge d'admissibilité», s'est défendu le ministre des Finances, Carlos Leitão.
Il affirme que le Parti québécois et la Coalition avenir Québec cherchent à susciter «de l'inquiétude sur un sujet où il ne devrait pas y en avoir». La situation des aînés s'est améliorée depuis une ou deux générations, a-t-il fait valoir.
Selon M. Leitão, les partis d'opposition «oublient toujours de parler de la deuxième partie de la réforme, soit la bonification du crédit d'impôt pour les travailleurs d'expérience».
Les métiers durs
Le chef caquiste, François Legault, accuse le gouvernement d'«insensibilité à l'égard des aînés». «Il y a des gens qui ont des métiers durs physiquement, qui n'ont pas la santé pour travailler jusqu'à 70 ans; donc, qui vont perdre leurs 500 $.»
Le premier ministre Philippe Couillard nie que cette réforme fiscale heurte les aînés les plus pauvres. «Ce sont les personnes ayant des revenus qui, théoriquement, ont des crédits d'impôt, ce qui n'est pas le cas des aînés vulnérables, par définition, pour lesquels il y a de nombreux programmes que nous avons bonifiés, que nous allons continuer à bonifier pour leur venir en aide, premièrement.
«Deuxièmement, on s'entend tous que le profil de la main-d'oeuvre change au Québec, qu'il faut multiplier les mesures non pas pour garder les personnes à l'écart du marché du travail plus tôt, mais les garder plus longtemps.»