Elle viendra combler «en partie» le vide laissé par la disparition de la CPTRQ, entre autres en matière de promotion et de développement des clientèles, selon Nathalie Roy.

Le glas a sonné pour la Corporation du patrimoine religieux du Québec

Même si la fermeture imminente de la Corporation du patrimoine et du tourisme religieux de Québec (CPTRQ) a rebondi au Salon bleu vendredi, tout indique que l’organisation cessera ses activités comme prévu, le 30 juin prochain, après plus de 30 ans à œuvrer à la préservation du patrimoine religieux immatériel. En période de questions à l’Assemblée nationale, Méganne Perry Mélançon, députée de Gaspé et porte-parole en culture pour le Parti québécois, a talonné la ministre de la Culture, Nathalie Roy, quant à la fermeture imminente de la CPTRQ.

Successeure du Regroupement des sanctuaires nationaux du Québec créé en 2009, l’Association du tourisme religieux et spirituel du Québec a été lancée en décembre dernier. Elle viendra combler «en partie» le vide laissé par la disparition de la CPTRQ, entre autres en matière de promotion et de développement des clientèles, selon Nathalie Roy.

Ce sont toutefois deux entités aux mandats distincts, rappelle Joannie McLeod, directrice générale de la CPTRQ. «La mission de l’Association du tourisme religieux et spirituel du Québec est de soutenir le patrimoine religieux bâti et le faire rayonner à l’international. Mais ça n’inclut pas son interprétation.»

«La Corporation a décidé de cesser ses activités d’elle-même», souligne Marie-Christine Magnan, directrice du service de communications de la Ville de Québec. La liquidation de l’organisation a été entérinée, le 14 mars dernier.

Financement insuffisant

Pour assurer ses activités, la CPTRQ comptait sur le financement de la Ville de Québec par l’entente de développement culturel avec le gouvernement québécois, du Diocèse de Québec, puis de l’Office du tourisme. «La Corporation a été financée à hauteur de 700 000 $ par la Ville depuis le début de ses activités», indique Mme Magnan.

Le budget d’exploitation annuel de l’organisation se chiffre à près de 110 000 $. La moitié de la somme est couverte par le financement : 80 % du secteur public et 20 % du privé. Le reste découle des adhésions des membres et des revenus de services.

Dans un plan de relance présenté en 2016, le manque à gagner pour renouveler l’organisme et moderniser sa structure administrative avait été estimé à 250 000 $. Un plan d’avenir pour la CPTRQ avait également été proposé en 2017, puis réitéré à ses partenaires en 2018, dans la foulée du rapport du groupe de travail pour la préservation du patrimoine religieux à Québec. Le projet n’a pas eu d’écho.

«Sachant même qu’elle allait fermer, on lui a offert une aide exceptionnelle de 30 000 $ en 2019, comme à chaque année, pour lui permettre d’assurer une transition, un transfert de connaissance et de fermer ses livres correctement», a fait valoir Mme Magnan.

La CPTRQ rappelle que l’activité touristique découlant du patrimoine religieux peut générer jusqu’à 80 millions $ par année. «Nous sommes le seul organisme à offrir l’accès et l’interprétation de bon nombre de lieux du patrimoine religieux, qu’ils soient en usages, reconvertis ou d’accès limité, comme la chapelle des Jésuites qui est fermée au public, ou l’église Chalmers-Wesley», ajoute Joannie McLeod.

La Ville poursuivra la promotion du tourisme religieux par l’Office du tourisme et les différentes personnes œuvrant dans le domaine.