Le fondateur du Bloc pot propose son aide à Trudeau

Le fondateur de Parti marijuana et du Bloc pot, Marc-Boris Saint-Maurice, a offert au premier ministre Justin Trudeau son aide pour réaliser sa promesse de légaliser la marijuana.
Le premier ministre et le militant pour la légalisation du cannabis, qui est membre du Parti libéral depuis 2005, se sont rencontrés jeudi soir à Gatineau lors du cocktail du Club Laurier. C'était la première fois qu'ils se croisaient depuis l'élection de Justin Trudeau en octobre.
«Je suis allé le voir, et il m'a replacé tout de suite. Je lui ai dit: "Salut, c'est Boris", et il m'a répondu qu'il se rappelait de moi et qu'il allait légaliser la marijuana. Je lui ai répondu que je souhaitais l'aider à bien le faire», a expliqué M. Saint-Maurice en entrevue téléphonique avec Le Soleil.
Marc-Boris Saint-Maurice a pu rediscuter brièvement avec le premier ministre plus tard dans la soirée, mais ne lui a pas demandé quel échéancier il prévoyait pour la légalisation. «Ce n'était pas le temps pour ça, c'était un moment de célébration», a-t-il expliqué, ajoutant qu'il croyait lui-même qu'il serait difficilement possible de compléter toutes les démarches en vue de légaliser la marijuana en moins de 12 à 18 mois.
L'ancien bassiste du groupe punk Grimskunk a toutefois précisé qu'il avait l'intention, d'ici quelques mois, de vérifier le suivi de son «offre de services» auprès du premier ministre.
<p>Marc-Boris Saint-Maurice s'est permis un égoportrait en compagnie de Justin Trudeau, pris au cocktail du Club Laurier, à Gatineau.</p>
Inquiétudes
Il avoue aussi que, même si la plupart des militants prolégalisation sont emballés par l'élection d'un gouvernement libéral majoritaire, certains s'inquiètent au sujet de la façon dont sera réalisée cette promesse électorale de légaliser la marijuana.
«Certains ont peur d'un contrôle trop serré de l'État ou d'un monopole de contrôle. Ils se demandent si ça va être taxé et comment ce sera distribué. Je crois moi aussi qu'il faut que le modèle fasse de la place à tout le monde, que les gens puissent produire pour leur propre usage», explique Marc-Boris Saint-Maurice.
«Ce qui serait dommage, c'est que le système de cannabis légal exclue les gens du milieu, une certaine "gentrification". En même temps, il faut aussi des standards de production, des normes de qualité. Mais où placer la barre? Si elle est trop haute, le marché noir va continuer», poursuit-il.
Ceci étant dit, Marc-Boris Saint-Maurice conserve la confiance qu'il a envers le Parti libéral depuis qu'il a quitté le Parti marijuana pour en devenir membre. «Depuis que je milite, c'est la première fois que je vois un premier ministre faire campagne sur la légalisation sans être timide et réitérer son intention après sa victoire.»