François Blais a minimisé l'écart d'Ihssane El Ghernati, en affirmant qu'il n'était pas rare que les gens changent de parti politique. Il a cité en exemple François Legault et René Lévesque, avant d'ajouter : «plusieurs même chez nous». 

Le flirt adéquiste d'El Ghernati était mineur, selon Blais

Le ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, François Blais, estime que le flirt qu'a eu la candidate du Parti libéral du Québec (PLQ) dans Louis-Hébert, Ihssane El Ghernati, avec l'Action démocratique du Québec (ADQ) en 2007 «n'était pas très important» et assure qu'il ne cause aucun malaise au sein des libéraux.
Le Soleil révélait mardi matin que Mme El Ghernati avait siégé sur l'exécutif de l'ADQ pendant cinq mois en 2007, après notamment avoir été bénévole pour le député Sam Hamad à l'élection du mois de mars de cette même année. Elle a par la suite été embauchée en 2008 au bureau de comté. 
D'anciens adéquistes de Louis-Hébert accusent même la candidate d'avoir tenté d'infiltrer l'ADQ pour subtiliser des renseignements sensibles alors que le défunt parti de Mario Dumont avait le vent dans les voiles. 
Mais M. Blais a minimisé l'écart d'Ihssane El Ghernati, affirmant qu'il n'était pas rare que les gens changent de parti politique. Il a cité en exemple François Legault, René Lévesque et «plusieurs même chez nous». «Le jour où des individus n'auront plus la possibilité de changer d'allégeance politique, je pense que ça va être une mauvaise journée pour la démocratie», a-t-il fait valoir. 
François Blais a également rappelé que la candidate caquiste, Geneviève Guilbault,  était libérale jusqu'à tout récemment. «Peut-être elle-même est en train de vivre son flirt avec la CAQ ?», a-t-il lancé. 
Blanc bonnet, bonnet blanc? 
Selon le ministre responsable de la Capitale-Nationale, le clivage entre les partis politiques comme la CAQ et le PLQ est «moins fort» parce qu'il ne concerne pas la séparation du Québec. C'est également l'argument qu'avait évoqué Mme El Ghernati lorsque questionnée sur sa double allégeance. «C'était deux partis fédéralistes», avait-elle plaidé dans Le Soleil. 
Le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, a profité de l'occasion pour rappeler que les deux formations n'en étaient qu'une, le PLCAQ, et que le «vrai changement» était incarné par le candidat péquiste, Normand Beauregard. Or, ce dernier avait sa carte de Québec solidaire jusqu'à tout récemment. «Il voulait la convergence, il était déçu de Québec solidaire, il était là parce qu'il était d'accord avec notre proposition», a justifié M. Lisée. 
De son côté, le chef caquiste, François Legault, s'est montré peu bavard, se contentant d'affirmer que sa candidate, Geneviève Guilbault était «une future star de la politique » et que c'était «normal» de voir les gens comme cette dernière évoluer vers la CAQ qui n'existait pas il y a cinq ans. 
Les deux co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé se sont dits «un peu confus» avec toutes ces candidatures dans Louis-Hébert qui ont changé d'allégeance au fil des années, assurant que la leur, Guillaume Boivin, a toujours été fidèle.