Le député Claude Surprenant réprimandé

Le commissaire à l’éthique blâme l’ex-député de la Coalition avenir Québec (CAQ) Claude Surprenant pour avoir fait travailler du personnel payé par l’Assemblée nationale à des fins partisanes et pour s’être fait rembourser des dépenses inappropriées.

C’est la première fois depuis sa création en 2010 que le commissaire à l’éthique sanctionne un député. Cette sanction prend la forme d’une réprimande, qui devra être approuvée par l’Assemblée nationale la semaine prochaine.

Le député de Groulx, dans les Laurentides, avait déjà été expulsé du caucus de la CAQ en janvier dernier, à la suite d’une série de révélations sur son intégrité. Il siège depuis comme indépendant. 

Dans son rapport, le commissaire fait valoir qu’en engageant Yann Gobeil-Nadon comme attaché politique, M. Surprenant a contrevenu aux règles d’éthique. M. Gobeil-Nadon était payé par l’Assemblée nationale, alors qu’il faisait essentiellement du travail de circonscription de nature partisane. Il était en même temps président de la Commission de la relève de la CAQ. 

Le commissaire à l’éthique tape aussi sur les doigts de M. Surprenant en soutenant qu’il n’avait pas le droit de donner un contrat à son épouse, qui est architecte, pour le déménagement de son bureau de circonscription. Le député n’aurait pas dû réclamer une facture de 715 $ à l’Assemblée nationale à cet effet. 

Le rapport fait aussi état de «fausses réunions», pour lesquelles des demandes de remboursement de frais étaient déposées. 

Le commissaire souligne qu’il n’a pas apprécié l’attitude du député durant son enquête. Il explique que M. Surprenant a utilisé une «ruse» pour tenter de le tromper. Il juge que «ce comportement n’est pas digne d’un député». 

Étonnement

À sa sortie du Salon bleu vendredi, M. Surprenant a défendu son intégrité. «La conclusion [du rapport] m’étonne beaucoup», a-t-il réagi. M. Surprenant croit qu’il a «bien travaillé» avec ses employés et que le commissaire à l’éthique lui «prête des intentions» qu’il n’a «jamais eues». 

Le député de Groulx prévoit profiter de son droit de parole à l’Assemblée nationale la semaine prochaine pour se défendre, avant que ses collègues de tous les partis passent au vote. 

Dans un communiqué, la Coalition avenir Québec (CAQ) a qualifié de «consternantes» les conclusions du rapport. Le parti n’a pas l’intention de reprendre M. Surprenant dans ses rangs, celui-ci n’ayant pas demandé une réintégration au caucus. 

Ce n’est pas la première fois que le commissaire à l’éthique recense des cas de députés qui enfreignent les règles. En 2014 par exemple, les enquêtes sur Pierre Karl Péladeau, du Parti québécois, et sur Sylvie D’Amours, de la CAQ n’ont pas été assorties de sanctions, car le commissaire estimait que des erreurs avaient été commises «de bonne foi».  Patricia Cloutier