Yves Bolduc

Le court mandat d'Yves Bolduc en sept controverses

Bien que court, le mandat d'Yves Bolduc aura été semé de controverses. Le Soleil en a répertoriées sept.
>> 215 000 $ de primes
La controverse a suivi le ministre de l'Éducation durant tout l'été dernier : début juillet, Le Soleil rapportait que le Dr Bolduc avait reçu des primes totalisant 215 000 $ alors qu'il travaillait en clinique à temps partiel, parallèlement à ses fonctions de député de l'opposition sous le gouvernement Marois. La Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) a estimé que le ministre avait reçu en trop près de 55 000 $ pour quelque 400 patients dont il n'avait pas assuré le suivi assez longtemps. Le Dr Bolduc s'est finalement engagé à rembourser 27 000 $ à la RAMQ et à verser 28 000 $ à des organismes de charité.
>> L'achat de livres à l'école
«Il n'y a pas un enfant qui va mourir de ça et qui va s'empêcher de lire, parce qu'il existe déjà des livres [dans les bibliothèques].» Le ministre Yves Bolduc a fait cette déclaration aussi surprenante que malhabile au quotidien Le Devoir en août dernier, alors qu'il réagissait aux coupes dans l'achat de livres effectuées par certaines commissions scolaires. Le médecin s'est excusé et rétracté le lendemain en exigeant des commissions scolaires qu'elles rétablissent les budgets d'achat de livres.
>> Évaluation des enseignants
Le ministre de l'Éducation a créé une nouvelle commotion chez les enseignants en septembre après avoir déclaré au Soleil qu'il souhaitait mettre en place un mécanisme d'évaluation des professeurs au primaire et au secondaire. Cette idée, comme celle de créer un ordre professionnel des enseignants, ne serait finalement plus une priorité, a dit le Dr Bolduc au Journal de Québec début février.
>> Le français au cégep
Le ministre de l'Éducation a encore dû se rétracter en octobre après avoir affirmé qu'il n'écartait pas la possibilité d'abolir l'épreuve uniforme de français au cégep, ou d'en assouplir les normes. Le Dr Bolduc évoquait l'idée de diplômer des étudiants même en cas d'échec à l'examen. «L'épreuve de français va être maintenue. Il n'y aura pas de diminution au niveau des critères de qualité et au niveau de la correction», a-t-il assuré quelques jours après sa déclaration controversée.
>> Entente avec une école hassidique
Dès sa nomination, en avril, le ministre Bolduc disait vouloir régler le problème des écoles juives hassidiques, affirmant qu'il fallait faire rentrer les établissements délinquants dans le rang. Non seulement le Dr Bolduc n'a-t-il pas respecté sa promesse, mais son ministère s'est entendu à l'amiable avec l'une d'elles l'automne dernier pour que les enfants soient scolarisés à la maison. Un ancien hassidique a par la suite déposé une poursuite contre le ministère de l'Éducation pour violation de son droit à l'éducation.
>> Fouilles à nu «respectueuses»
La fouille à nu dans les écoles est permise, mais à condition que ce soit fait de façon «très respectueuse». La déclaration, qui a rapidement fait le tour du monde, aura été le clou dans le cercueil politique du ministre Bolduc. Le médecin réagissait à la fouille d'une élève de l'école secondaire de Neufchâtel. Le premier ministre Philippe Couillard a contredit son ministre la semaine dernière, affirmant que «sur la question de la fouille à nu, la réponse, c'est non, on n'en veut pas».
>> Fusion des commissions scolaires
Le ministre Bolduc a laissé planer le doute il y a quelques jours sur la décision controversée de son gouvernement de fusionner les commissions scolaires. «Parfois, il faut peut-être dire qu'on va laisser ça comme c'était», a-t-il dit le devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, alors qu'il parlait du redécoupage des commissions scolaires et qu'il évoquait le tollé que tout changement scolaire provoquait au sein de la société. Invité par La Presse à préciser sa pensée, le ministre Bolduc a fait dire par son attachée de presse que cette phrase improvisée faisait en fait allusion à sa promesse de respecter l'intégralité des territoires.