Le courant passe bien entre Obama et Trudeau

Barack Obama, qui quittera le pouvoir dans moins d'un an, et Justin Trudeau, qui vient d'y accéder, ont affiché jeudi à Washington leur complicité et leur volonté de renforcer encore les liens entre États-Unis et Canada, climat en tête.
<p>Justin Trudeau et Barack Obama ont visiblement eu beaucoup de plaisir à se rencontrer, jeudi, le président américain soulignant que le message du premier ministre canadien projetait une vision positive et optimiste. </p>
Il a fait campagne sur un message d'espoir et de changement», a souligné le président américain dans une référence au slogan de sa propre campagne, en 2008. «Sa vision positive et optimiste est une inspiration pour les jeunes. Sur la scène internationale, son pays s'implique sur le changement climatique et le développement. De mon point de vue, que demander de plus?» a-t-il ajouté, amusé, en recevant le premier ministre dans les jardins de la Maison-Blanche.
Pour le jeune dirigeant canadien, toujours au zénith dans les sondages quatre mois après son arrivée au pouvoir, cette visite officielle est l'occasion de mettre en lumière le profond changement de cap - et de style - opéré par rapport à son prédécesseur conservateur, Stephen Harper.
Passant de l'anglais au français, M. Trudeau a salué la force des liens avec les Américains, «alliés, partenaires, amis». Mais a aussi insisté sur sa relation avec le 44eprésident des États-Unis, un «ami», un «homme de coeur, mais aussi d'intellect» sur l'expérience duquel il a affirmé vouloir s'appuyer.
«Face aux grands défis auxquels nous sommes confrontés, nos deux pays n'ont jamais été aussi en phase», a souligné M. Obama, annonçant qu'il se rendrait cet été au Canada, où il prononcera un discours devant les parlementaires à Ottawa.
Les liens économiques entre les deux pays sont extrêmement denses : 75 % des exportations canadiennes sont destinées au voisin du sud, le Canada est la première  destination à l'export de 33 États américains.
Hymnes nationaux, 21 coups de canon, passage en revue de troupes sur la pelouse sud de la Maison-Blanche : le premier ministre et sa femme, Sophie Grégoire-­Trudeau, dans une robe rouge et rose, ont été accueillis en grande pompe pour cette première visite officielle depuis 19 ans. La journée devait s'achever par un dîner d'État en présence de quelque 200 convives.
M. Obama, qui s'est fendu d'un  «bienvenue mes amis» en français, a salué les «magnifiques enfants» du dirigeant canadien, insisté sur les valeurs communes des deux immenses pays qui partagent la plus longue frontière commune au monde, mais aussi rappelé - tout sourire - une ancienne rivalité sur un sujet sensible : le hockey sur glace.
Planète propre en héritage
Le premier ministre canadien a longuement insisté, comme M. Obama, sur la question du climat, «pour que nous puissions laisser à nos enfants et nos petits-enfants une planète plus propre».
Juste avant le début de la cérémonie, les deux pays ont annoncé un objectif commun de réduction de leurs émissions de méthane du secteur pétrolier et gazier afin de respecter, selon les termes de M. Obama, l'«accord le plus ambitieux de l'histoire pour lutter contre le changement climatique», conclu à Paris en décembre.
Ils se sont engagés sur une réduction de ces émissions de 40 à 45 % d'ici 2025, par rapport à leur niveau de 2012, appelant les autres pays «à adhérer à cet objectif» ou à fixer leur propre échéance.
L'exécutif américain, qui a fait du climat l'une de ses priorités, s'est félicité à plusieurs reprises du «retour» du Canada dans le camp des pays «ambitieux» sur cette thématique.
Des questions laissées de côté
La rencontre entre le premier ministre Justin Trudeau et le président américain, Barack Obama, a permis d'avancer sur certains enjeux liés à l'Arctique, mais plusieurs questions ont été laissées de côté, selon des experts.
MM. Trudeau et Obama ont réclamé l'adoption d'un traité international contraignant pour interdire la pêche commerciale dans la région jusqu'à ce qu'on en sache davantage sur l'état des écosystèmes.
Les dirigeants ont aussi promis de travailler à développer des voies de navigation qui auront peu d'impacts sur l'environnement et à prendre des décisions en fonction de la science et du soutien des Autochtones. Mais ils n'ont pas fait mention des produits pétroliers lourds dans l'Arctique, la principale source d'émissions de noir de carbone, qui accélère la fonte de la neige et des glaces.
Le professeur de droit international à l'Université de la Colombie-Britannique, Michael Byers, estime que le Canada a ainsi souscrit aux objectifs des États-Unis. La Presse Canadienne