«Ni la défaite du Bloc québécois ni la défaite du Parti québécois ne sont la défaite du projet d'indépendance» a déclaré le bloquiste Jean-François Fortin, vendredi, à Rimouski.

Le congrès du Bloc québécois prend fin sous le signe de la continuité

Le congrès national du Bloc québécois s'est terminé dimanche à Rimouski sans coup de barre ni remise en question, dans la continuité du projet social et économique social-démocrate de la formation politique. L'adoption d'une nouvelle stratégie pour la relance de l'idée de l'indépendance aura plutôt lieu avec l'élection du nouveau chef bloquiste le 14 juin.
«Pour nous, c'est le début du dernier droit avant la prochaine élection fédérale prévue pour l'automne 2015. [...] Nous sommes en mode préélectoral. Pour moi, le point névralgique de ce congrès a été le débat à la chefferie. Et les choix que nous avons faits dans le passé sont toujours d'actualité avec des articulations qui peuvent être différentes avec le prochain chef» a fait comme bilan Jean-François Fortin, député du Bloc québécois dans la circonscription de Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Matapédia.
Quelque 500 militants se sont rassemblés à Rimouski pour discuter et voter sur près de 400 propositions. Aucun bouleversement majeur parmi celles-ci, mais des changements visant surtout à actualiser les statuts et les orientations du Bloc.
Beaucoup de propositions étaient d'ailleurs en réaction aux politiques du gouvernement Harper, notamment la réforme de l'assurance-emploi, le choix du juge Marc Nadon pour la Cour suprême contre la volonté de Québec, l'abolition de la livraison à domicile du courrier par Postes Canada et la suppression graduelle du financement public des partis politiques.
Les délégués ont également voté pour que le Bloc prenne le leadership de l'opposition à toute exploitation pétrolière sur terre et en mer au Québec et qu'aucun certificat d'autorisation fédérale ne soit octroyé au projet d'oléoduc et de terminal pétrolier au port de Gros-Cacouna sans que le Bureau d'audience publique sur l'environnement (BAPE) ait donné son accord.
Ils ont refusé de reprendre le vote sur la légalisation de la marijuana, perdue samedi par deux voix (123-121) lors du congrès qui était le premier à être tenu depuis neuf ans.
La création d'un poste de président du parti, différent de celui du chef, a aussi été rejetée.
La seule grande question litigieuse, l'avenir de la structure jeunesse au sein du Bloc québécois, a été renvoyée par les délégués à une conciliation entre le Bureau national et le Forum Jeunesse. La proposition référait à la disparition des exécutifs régionaux et de l'exécutif national jeunesse.
Militants revigorés
Par ailleurs, bien que le congrès n'ait pas été l'occasion de donner un coup de barre au parti, Jean-François Fortin a jugé que l'enthousiasme des militants était au rendez-vous et que la formation politique est plus que nécessaire. Deux armes pour augmenter le contingent bloquiste, croit-il.
«Beaucoup de Québécois nous ont dit qu'il n'est presque plus question du Québec à la Chambre des communes depuis 2011 et que cela doit changer», a souligné M. Fortin.
L'un des moments forts du congrès a été le débat des aspirants chefs : Mario Beaulieu, qui était président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, et André Bellavance, le député bloquiste de Richmond-Arthabaska, ont croisé le fer samedi après-midi.
C'était une occasion pour les militants de mieux connaître les deux candidats. L'exercice était digne d'intérêt car cette fois-ci, les deux candidats présentaient une vision différente de ce qui doit être fait pour faire élire plus de députés à Ottawa.
Selon M. Beaulieu, il faut «remettre la souveraineté à l'avant-plan». Il soutient que ce faisant, plus de Québécois vont envoyer des bloquistes à la Chambre des communes.
Pour M. Bellavance, il faut élargir la coalition des bloquistes, en incluant non pas uniquement les souverainistes, mais aussi tous ceux qui sont, selon ses mots, «dédiés à l'avancement du Québec».
Le nom du nouveau chef du Bloc québécois sera dévoilé le 14 juin lors d'une activité du parti à Montréal.
Avec La Presse Canadienne