Diane Lamarre a manqué à son devoir de protection du public quand elle était présidente de l'Ordre des pharmaciens du Québec en ayant été responsable d'un « scandale des ristournes », a accusé mercredi le ministre de la Santé Gaétan Barrette, ce qu'ont dénoncé les partis d'opposition, jeudi.

Le climat s'envenime à l'Assemblée nationale

«Intimidation», «salissage», «insultes». Variation sur un même thème à l'Assemblée nationale au cours des derniers jours alors que les partis s'accusent mutuellement de pourrir le climat.
Le chef péquiste Pierre Karl Péladeau a écrit au premier ministre Philippe Couillard pour exiger des excuses en raison des «propos aussi déplacés qu'inexplicables» du ministre de la Santé, Gaétan Barrette. 
Ce dernier a accusé mercredi la députée péquiste Diane Lamarre d'avoir fermé les yeux sur un «scandale des ristournes» lorsqu'elle était à la tête de l'Ordre des pharmaciens du Québec. 
«Les accusations injustifiées et mensongères qu'il a lancées constituent une véritable attaque contre l'intégrité et l'honnêteté de notre collègue», a dénoncé M. Péladeau dans sa lettre. Même le député solidaire Amir Khadir a volé à la rescousse de Mme Lamarre. 
Tartuffe
Sans retirer ses paroles, le ministre Barrette a juré ne pas avoir remis en cause l'intégrité de Mme Lamarre. Il l'accusait pourtant la veille d'être en «conflit d'intérêts permanent». Le ministre de la Santé s'est par contre indigné que le chef de l'opposition l'ait qualifié de Tartuffe sur un réseau social. Une référence à la pièce Le Tartuffe ou L'Imposteur, une comédie de Molière. «Ça fait 350 ans que tout le monde sait que Tartuffe, c'est un crosseur», a lancé M. Barrette. «C'est parlementaire, ça?» a-t-il demandé.
Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, n'a pas été en reste. Il digère mal avoir été accusé de «souffler sur les braises de l'intolérance» par le premier ministre Couillard dans le dossier de l'immigration. «Malgré les insultes et les tentatives d'intimidation, je peux vous assurer que je vais continuer à poser des questions sur les problèmes de francisation des immigrants», a lancé M. Legault. Selon lui, M. Couillard se comporte comme s'il était «le seul à posséder la vérité». «Je lui demande d'être moins émotif et de retrouver son calme», a dit le chef caquiste. Le premier ministre «souffle sur les braises de l'arrogance», a lancé le caquiste François Bonnardel.
Pour le leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier, «l'irrespect peut certainement entraîner un climat d'irrespect». La lettre de M. Péladeau indique «peut-être» une volonté du Parti québécois de contribuer à un meilleur ton à l'Assemblée nationale.