Philippe Couillard et son chef de cabinet, Jean-Louis Dufresne, qui a quitté ses fonctions mardi matin.

Le chef de cabinet de Couillard quitte son poste

À un an des élections et une semaine après le chaos dans Louis-Hébert, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard a annoncé mardi matin le départ de son chef de cabinet, Jean-Louis Dufresne et son remplacement par Jean-Pascal Bernier.
En poste depuis l'élection de M. Couillard à la tête du gouvernement en 2014, M. Dufresne a été celui qui a rencontré l'ancien président de Manufacturiers et exportateurs du Québec, Éric Tétrault, afin qu'il devienne le candidat libéral dans la circonscription de Louis-Hébert.
Ce recrutement, alors que le Parti libéral du Québec (PLQ) était au courant de l'existence d'un rapport sur M. Tétrault en lien avec des allégations d'harcèlement alors qu'il travaillait chez ArcelorMital en 2014, aurait été fatal pour Jean-Louis Dufresne, selon les hypothèses qui circulaient à l'Assemblée nationale mardi. 
Âgé de 38 ans, Jean-Pascal Bernier occupait le poste de directeur adjoint du premier ministre. Il entrera en fonction lundi prochain. Le porte-parole du premier ministre, Harold Fortin, a également quitté ses fonctions mardi matin pour devenir directeur des relations internationales au sein du cabinet, un poste qu'occupait Johanne Whittom, nommée la semaine dernière sous‑ministre adjointe au ministère des Relations internationales et de la Francophonie.
L'opposition jubile et demande des explications
La Coalition avenir Québec (CAQ) n'a pas tardé à réagir à ces départs voyant un lien avec les «problèmes d'éthique» du gouvernement libéral et conséquemment, l'affaire Tétrault. «M. Couillard ne semble pas avoir de bons réflexes, on ne peut pas blâmer son directeur de cabinet ou son personnel pour avoir de mauvais réflexes. Quand on a des doutes sur l'intégrité de quelqu'un on doit réagir rapidement», a lancé François Legault qui réclame des explications de la part du premier ministre quant à ces importants changements dans sa garde rapprochée. 
Tout comme son chef, le député caquiste François Bonnardel jubilait mardi. «Peut-être la nomination de M. Tétrault a été la goutte qui a fait déborder le vase?», a-t-il évoqué, demandant également au chef du gouvernement de répondre aux questions. M. Bonnardel a souligné que la CAQ avait déjà réclamé à deux reprises dans la dernière année la tête de M. Dufresne notamment en raison de ses mauvaises fréquentations.
Le Parti québécois n'avait pas encore réagi mardi midi tandis que Québec solidaire (QS) réclamait également des explications. «Avec les récentes controverses, M. Couillard va devoir s'expliquer sur les raisons qui motivent le départ de Jean-Louis Dufresne», a gazouillé le député Amir Khadir. Il a également rappelé que le 27 avril dernier, sa collègue Manon Massé réclamait que le chef de cabinet soit démis de ses fonctions en raison de nouvelles révélations concernant ses liens avec Marc Bibeau, l'ex-argentier du parti libéral et son «incrimination» passée par le rapport final de la Commission Charbonneau.
Travail salué 
Par voie de communiqué, le premier ministre a vanté le travail de son nouveau bras droit. «J'ai décidé de confier cette importante responsabilité à M. Bernier parce qu'il a toujours démontré une grande capacité à gérer des situations complexes. J'ai pleinement confiance en lui pour mener à bon terme notre plan économique visant notamment à maintenir une saine gestion des finances publiques, à assurer la qualité de nos services publics et réduire encore davantage le fardeau fiscal des familles québécoises», a-t-il indiqué.
Philippe Couillard a par ailleurs salué celui qui était son homme de confiance pendant trois ans et ami de longue date. «Lors de notre arrivée au gouvernement, l'économie était en panne et les comptes publics étaient dans un état précaire. M. Dufresne a contribué au premier chef à relancer et à redresser le Québec. Avec passion, intégrité et professionnalisme, il a exercé la tâche complexe de chef de mon cabinet. Je tiens à le remercier et à lui témoigner sincèrement toute mon affection.»