Philippe Couillard a souligné jeudi que «l'une de ses ambitions principales» depuis qu'il a été élu le 7 avril est d'assainir le climat des échanges à l'Assemblée nationale.

Le chef Couillard met ses troupes au pas

Philippe Couillard en a assez des déclarations intempestives des membres de son équipe. Le premier ministre libéral a mis ses troupes au pas et leur a dit «clairement» qu'il leur demanderait de se rétracter s'ils formulent des déclarations malheureuses. Et la ministre Christine St-Pierre est le plus récent cas.
«Ce que j'ai dit à mes collègues est : "Si vous êtes pour dire quelque chose que vous pensez que je ne dirais pas, dites-le pas. Parce qu'à ce moment-là, je vais vous demander de vous rétracter"», a déclaré le premier ministre en marge d'une visite à l'hôtel-musée de la nation huronne-wendat à Wendake jeudi. Le chef libéral portait pour l'occasion la même chemise traditionnelle que celle du grand chef de la nation, Konrad Sioui.
M. Couillard n'a pas mentionné explicitement le cas de sa ministre Christine St-Pierre, qui s'est excusée au péquiste Jean-François Lisée mercredi. Mais c'est tout comme.
«Je l'ai dit à tous les collègues, j'ai bien transmis ça clairement», a-t-il dit sous-entendant que le message s'adressait aussi à Mme St-Pierre.
La ministre des Relations internationales s'est finalement excusée mercredi après des jours de chicane sur la place publique avec son prédécesseur, M. Lisée. Elle avait laissé entendre que lorsqu'il occupait son poste, il avait multiplié les missions à Paris dans le but d'y visiter sa conjointe et ses enfants.
Philippe Couillard a souligné jeudi que «l'une de ses ambitions principales» depuis qu'il a été élu le 7 avril est d'assainir le climat des échanges à l'Assemblée nationale.
«Je veux qu'on transforme la façon de faire de la politique. Et si des gens de notre formation politique ont à changer leur comportement, ils le feront. De même que ceux des autres formations politiques», a-t-il poursuivi. «Oui, on peut débattre d'idées et d'enjeux, mais respectons les personnes et ayons un ton de civilité et de politesse.»
En plus des excuses de Mme St-Pierre, d'autres déclarations controversées ont coloré les premières semaines du gouvernement libéral.
La ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, avait notamment affirmé que des fonctionnaires ou des personnes en autorité lui avaient «menti» dans le dossier de l'évasion par hélicoptère du centre de détention de Québec.
La récente affaire entourant la prime de 215 000 $ touchée par l'actuel ministre de l'Éducation Yves Bolduc lors de son retour à la pratique de la médecine en 2012 a aussi donné lieu à plusieurs déclarations, notamment du ministre de la Santé, Gaétan Barrette. La semaine dernière, M. Couillard a sommé ses ministres Bolduc et Barrette d'adopter un ton plus calme.
Questionné jeudi sur la controverse entourant Yves Bolduc, le premier ministre Couillard a dit jeudi que «le dossier est clos». «C'est terminé en ce qui me concerne, ce dossier-là est clos.»
Yves Bolduc s'est engagé mercredi à rembourser à la Régie de l'assurance maladie (RAMQ) les réclamations liées aux patients qu'il a suivis moins d'un an. Il donnera aussi un montant équivalent «à une fondation ou à un organisme de charité en relation avec les patients».
Le premier ministre Philippe Couillard avait revêtu la même chemise traditionnelle que celle du grand chef de la nation huronne-wendat, Konrad Sioui, lors d'une visite à Wendake, le 17 juillet 2014 .
Non à un moratoire sur l'exploration pétrolière
Pas question d'un moratoire de 12 ans sur l'exploration pétrolière et gazière dans le golf du Saint-Laurent, dit Philippe Couillard. Mais le premier ministre promet de consulter les nations autochtones qui s'y opposent. «On a communiqué aux peuples autochtones qu'on entend les consulter. C'est la façon de développer l'économie du Québec, en collaboration avec les nations autochtones», a dit M. Couillard, de passage jeudi dans la réserve huronne-wendat de Wendake.
Jeudi, Le Soleil révélait que les Innus, les Malécites et les Micmacs exigent un moratoire de 12 ans sur l'exploration et l'exploitation pétrolière et gazière dans le golfe. Si les gouvernements fédéral et des provinces refusent ce moratoire, elles porteront la cause devant les tribunaux. Le grand chef de la nation huronne-wendat, Konrad Sioui, s'est aussi dit contre un moratoire, tout en comprenant que ces nations fassent valoir leurs droits ancestraux. «La protection de l'environnement n'est pas seulement une cause autochtone», a-t-il dit. «Le seul moratoire qu'on a à avoir comme société est de prendre soin de notre environnement et en même temps se donner un développement économique décent en se consultant. Tout le monde doit être à la table.»