Pierre Karl Péladeau, lors du lancement officiel de sa campagne à la direction du Parti québécois.

Le cas Pierre Karl Péladeau enflamme le salon bleu

Six semaines de négociation ne sont parvenues qu'à démontrer l'incapacité des partis à s'entendre sur la meilleure façon de décortiquer le cas de l'aspirant-chef péquiste Pierre Karl Péladeau et de ses propriétés médiatiques.
Le Salon bleu a été le théâtre d'un nouvel épisode de tiraillements entre le Parti québécois et les trois autres formations, mardi, sur la question du député de Saint-Jérôme, actionnaire de contrôle de Québecor.
Ceux qui ont cru un instant qu'un terrain d'entente avait été trouvé après plus d'un mois de pourparlers en ont été quittes pour une nouvelle déception. Le PQ a déposé une motion, qui s'est fait battre à plate couture, et il s'est ensuite opposé à ce qu'une motion des libéraux soit soumise au vote. S'en est suivi un chassé-croisé de reproches réciproques.
Le seul progrès effectué porte sur le choix du Centre d'études sur les médias de l'Université Laval pour effectuer une analyse de la situation et remettre un rapport après la course à la chefferie du PQ.
Mais les péquistes refusent que le mandat octroyé réfère de près ou de loin à M. Péladeau, jugeant suffisant de parler de l'influence qu'un propriétaire médiatique peut exercer sur la vie démocratique. Pour les libéraux, le cas d'un élu dans cette position doit être absolument abordé.
Hors de lui, le leader parlementaire libéral, Jean-Marc Fournier, a accusé le PQ de s'être comporté de façon «ignoble» en refusant le vote sur sa motion. Il entend trouver un véhicule politique qui lui permettra de parvenir à ses fins. Ce qui pourrait déboucher sur un projet de loi.
Du «théâtre»
«Il y a pour la première fois, à l'Assembée, un élu qui est propriétaire de Québecor, argue M. Fournier. Imaginez, ce n'est pas un petit journal de quartier, c'est un empire médiatique. Nous devons pouvoir en discuter correctement.» M. Fournier estime par ailleurs que le commissaire à l'éthique devrait se pencher sur le fait que M. Péladeau a pris part au vote sur la motion du PQ et sur le comportement de l'opposition officielle en Chambre.
Sa vis-à-vis péquiste, Agnès Maltais, juge que M. Fournier a fait du «théâtre» et assure qu'elle n'a jamais consenti à un vote sur la motion libérale. Elle estime que les autres formations font du cas de M. Péladeau un enjeu partisan.
«Est-ce qu'il est une exception dans l'Assemblée? demande Mme Maltais. Oui. Il faut d'autant plus être prudents pour ne pas le viser dans une motion. Nos chartes nous invitent à ça, nos droits nous invitent à ça, et tous les avis d'experts qu'on a eus nous invitent à ça.»