Normand Sauvageau admet ne pas avoir fait preuve de la transparence requise lorsqu'il s'est porté candidat pour la CAQ.

Le caquiste Normand Sauvageau retire sa candidature dans Louis-Hébert

Deux retraits en quelques heures dans la même circonscription! Alors que des questions se posaient encore en fin de journée quant à l'avenir de la candidature du libéral Éric Tétrault, son adversaire caquiste, Normand Sauvageau, a annoncé qu'il retirait sa candidature.
«Je tiens à informer les électeurs de Louis-Hébert que, d'un commun accord avec M. François Legault, je retire officiellement ma candidature en vue de l'élection partielle du 2 octobre prochain», a fait savoir M. Sauvageau par voie de communiqué de presse sur le coup de 17h mercredi.
En fait, le candidat caquiste a été forcé de retirer sa candidature par la direction du parti.
Normand Sauvageau explique avoir reçu en matinée l'appel d'un journaliste au sujet des circonstances entourant son départ prématuré à la retraite en 2016. À partir de là, les choses se sont précipitées.
Dans son communiqué, le candidat déchu admet ne pas avoir fait preuve de la transparence requise lorsqu'il s'est porté candidat. Il avait travaillé à la Banque Scotia avant de prendre sa retraite.
«Il y a plus d'un an, j'ai pris ma retraite après 39 ans de carrière dans des circonstances difficiles sur le plan des relations de travail, relate-t-il. Au moment de poser ma candidature, j'ai omis d'informer les responsables de la Coalition avenir Québec de faits importants entourant mon départ.»
Normand Sauvageau n'a pas précisé la nature de ces «faits». Des plaintes de harcèlement psychologique auraient été portées contre lui, selon des informations.
Le caquiste déchu conclut avec la formule usuelle : «J'ai décidé de me lancer en politique pour représenter le mieux possible les électeurs de Louis-Hébert et non pour devenir une distraction par rapport aux enjeux importants qui les concernent.»
«Tolérance zéro»
En fin de journée, le chef caquiste, François Legault, a laissé entendre que son parti donnait une leçon au Parti libéral du Québec en montrant la porte à son candidat. «À la CAQ, c'est tolérance zéro. J'ai agi dès que j'ai su», a souligné M. Legault.
C'était une façon pour lui d'inviter le chef libéral à tirer les conséquences des plaintes portées contre le candidat Éric Tétrault, qui a finalement annoncé son retrait de la course dans le courant de la soirée.
La décision de M. Legault a mis de la pression sur les libéraux, qui s'interrogeaient depuis plusieurs heures déjà sur l'avenir de leur poulain.
La Coalition avenir Québec et le Parti libéral du Québec annonceront sous peu le nom des candidats qui succéderont à M. Sauvageau et à M. Tétrault. Ils ont jusqu'à la mi-septembre pour le faire, mais ils n'attendront pas jusque-là.
***
«Grave manque de respect» envers les électeurs
Pour le péquiste Jean-François Lisée, le PLQ et la CAQ doivent expliquer les raisons pour lesquelles «ils n'ont pas été en mesure de trouver des candidats méritant le respect des électeurs alors qu'ils ont eu six mois pour le faire».
Cet épisode doit «être vu par les électeurs de Louis-Hébert comme un grave manque de respect envers eux», a-t-il indiqué.
«À force de recruter dans les mêmes milieux, ces deux partis se retrouvent avec les mêmes problèmes», a de son côté noté la solidaire Manon Massé non sans un malin plaisir. «La confiance aveugle de la CAQ et du PLQ envers les hautes sphères du milieu des affaires et leur foi absolue envers les grands patrons et les banquiers les empêchent de voir l'essentiel et de poser les bonnes questions à leurs candidats.»