Neuf millions d'emplois américains et 35 États dépendent des profonds liens commerciaux entre les Canada et les États-Unis.

Le Canada veut éviter une «guerre commerciale» avec les États-Unis

Des proches conseillers du futur président américain Donald Trump et du Premier ministre canadien Justin Trudeau se sont rencontrés à de multiples reprises récemment pour préparer l'arrivée au pouvoir du milliardaire anti-mondialisation, a indiqué lundi le gouvernement canadien.
Le secrétaire principal et la chef de cabinet de M. Trudeau, Gerald Butts et Katie Telford, se sont entretenus plusieurs fois à Washington avec Jared Kushner, gendre de M. Trump considéré comme l'un de ses plus proches conseillers, et Stephen Bannon, chef de la stratégie de la prochaine administration américaine, a indiqué à l'AFP un attaché de presse de M. Trudeau, confirmant des informations du Globe and Mail.
Ces réunions visaient à «établir des ponts» et «éviter une guerre commerciale dispendieuse entre les deux voisins», alors que M. Trump souhaite renégocier voire abroger l'Accord nord-américain de libre-échange (ALENA), selon le journal canadien qui cite des sources dans le gouvernement canadien.
«Nous essayons de naviguer au milieu de choses énormes», a résumé l'une d'elles au quotidien.
L'administration Trump pense que les libéraux canadiens et les républicains américains ont été élus pour aider la classe moyenne, «mais son idée pour régler le problème est très différente des nôtres», a expliqué au Globe and Mail une source proche de M. Trudeau.
Les conseillers de M. Trump «pensent que la base du problème dans le monde est que la Chine a volé des tas d'emplois industriels américains qu'ils vont rapatrier à tout prix», a ajouté ce conseiller non identifié.
Fervent partisan du commerce international, Justin Trudeau milite a contrario pour un rapprochement avec la Chine. En septembre il a lancé des discussions exploratoires avec Pékin en vue d'un accord de libre-échange Canada-Chine.
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La Chine responsable de «distorsions»
WASHINGTON - La Chine est encore responsable de «distorsions commerciales» liées à l'interventionnisme économique du régime et mettant à mal ses obligations de pays membre de l'OMC, a estimé l'administration américaine dans un rapport publié lundi.
La Chine est dans le collimateur du président élu américain Donald Trump qui l'accuse de pratiques commerciales déloyales et menace de prendre des mesures de représailles douanières contre Pékin.
«Beaucoup de problèmes qui surgissent dans la relation commerciale et d'investissement entre les États-Unis et la Chine peuvent être imputés aux mesures interventionnistes du gouvernement chinois (...) qui continuent de créer d'importantes distorsions commerciales», écrit le ministère américain du Commerce extérieur (USTR).
Ce rapport annuel évalue le respect par la Chine des règles de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC), à laquelle Pékin a adhéré en 2001, et énumère plusieurs sujets «d'inquiétude», notamment sur les secrets commerciaux, la propriété intellectuelle ou les subventions étatiques.
«La Chine (...) doit éliminer ses préférences pour ses champions nationaux et lever les barrières d'accès aux marchés auxquelles sont actuellement confrontés les services et marchandises étrangers», écrit l'administration Obama, rappelant que 20 plaintes avaient été déposées par les États-Unis contre la Chine depuis son adhésion en 2001.
Le rapport fait toutefois état de «progrès importants» accomplis par Pékin notamment sur sa gestion de ses excès de production d'acier et rappelle que la Chine est le plus important marché d'exportations de marchandises pour les États-Unis «en dehors de l'Amérique du nord».