«On est tous pour la paix, qu’on porte le [coquelicot] blanc ou pas. Mais aujourd’hui, ce qui domine, c’est la reconnaissance envers ceux et celles qui ont donné leur vie», a dit Philippe Couillard en marge de la cérémonie du jour du Souvenir à Québec.

Le blanc et le rouge resteront, dit GND

Malgré la véhémence avec laquelle plusieurs militaires ont récemment dénoncé la superposition des coquelicots rouge et blanc sur la boutonnière de Gabriel Nadeau-Dubois, pas question pour le député solidaire de changer cette habitude qui, dit-il, perdure au sein du parti depuis 10 ans.

«Ça se peut qu’il y ait un chevauchement, mais il n’y a aucune intention de hiérarchiser», s’est défendu Gabriel Nadeau-Dubois samedi, en entrevue téléphonique au Soleil. «Si ça a donné l’impression d’une superposition, c’est dommage, parce que ce n’est pas ça l’intention. […] On a fait beaucoup d’interprétation d’un geste qui pourtant est tout à fait honorable.»

Affirmant ne pas vouloir se «défiler», il laisse entendre que «l’angle de la caméra» pourrait avoir accentué l’apparence de superposition.

Si le coquelicot rouge rend hommage aux anciens combattants, le coquelicot blanc vise pour sa part à commémorer les victimes civiles de la guerre. Aux yeux du co-porte-parole de Québec solidaire, le port des deux écussons permet de «n’oublier personne» et «d’élargir le propos» du jour du Souvenir.

Gabriel Nadeau-Dubois s’est par ailleurs dit «surpris» de cette vive critique exprimée par des militaires, anciens et actuels. «Depuis 10 ans, tous les élus de Québec solidaire font ça. Manon [Massé], Amir [Khadir] et avant Françoise [David… Il n’y a pas de nouveauté cette année», indique-t-il. «Ça fait 10 ans qu’on porte les deux [coquelicots], et on va continuer à le faire.»

Des militaires et ex-militaires se sont dits outrés par le geste de Gabriel Nadeau-Dubois, qui porte un coquelicot blanc par-dessus le coquelicot rouge soulignant la mémoire des combattants canadiens morts au champ d’honneur.

«Tous pour la paix»

Réunis à Québec pour la cérémonie du jour du Souvenir devant la croix du Sacrifice, à l’entrée des plaines d’Abraham, ni le premier ministre Philippe Couillard ni le ministre fédéral Jean-Yves Duclos n’ont souhaité prendre position sur cette question. «On est tous pour la paix, qu’on porte le [coquelicot] blanc ou pas. Mais aujourd’hui, ce qui domine, c’est la reconnaissance envers ceux et celles qui ont donné leur vie», a indiqué M. Couillard. 

M. Duclos a pour sa part déclaré que «là-dessus, le mot-clé, c’est le respect. Je pense qu’on peut faire valoir le fait que la guerre a des conséquences terribles dans beaucoup de sens pour beaucoup de personnes. Ceci étant dit, on peut le faire tout en respectant le sacrifice des vétérans et des anciens combattants.»

Seule à se mouiller, la députée péquiste Agnès Maltais a défendu la réaction des militaires, parmi lesquels le vétéran Jonathan Wade. «Je pense que [les vétérans] ont eu un commentaire très juste en disant qu’il [Gabriel Nadeau-Dubois] pouvait le porter à côté, peut-être, mais au moins ne pas cacher ça [le coquelicot rouge], parce que c’est un peu cacher ce jour du Souvenir. Maintenant, je respecte le choix des gens de porter le coquelicot blanc, mais il faut le faire avec respect.»