LANEQ: la grève freine les travaux parlementaires

Le ministre de l'Environnement David Heurtel a reconnu jeudi être incapable de poursuivre l'étude d'un projet de loi en raison de la grève des avocats et notaires de l'État (LANEQ). 
L'étude du projet de loi 102 sur la qualité de l'environnement a dû être ajournée au 27 janvier. «Le ministre a expliqué en commission qu'on a fait ce qu'on pouvait jusque-là», a indiqué l'attachée de presse du ministre Heurtel, Émilie Simard.
Le député péquiste Sylvain Gaudreault constatait plus tôt que les libéraux étiraient déjà les travaux pour profiter au maximum des services essentiels délivrés par un avocat. 
«On a assisté aujourd'hui à un aveu du gouvernement libéral que la grève des juristes de l'État met un frein à leur travail et a des impacts sur notre travail parlementaire», a lancé M. Gaudreault après l'ajournement. 
La première rencontre entre le nouveau président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, et les représentants de LANEQ a eu lieu jeudi. «M. Moreau ne nie pas qu'il y a une grève et que ça a des impacts», a indiqué son attachée de presse, Catherine Poulin. «Dès qu'il a été assermenté, il a dit que ce dossier était une priorité.» Les négociations n'ont pas encore repris.
Le gouvernement ne peut plus cacher les effets du débrayage qui dure depuis le 24 octobre. Les quelque 1100 avocats et notaires veulent un nouveau mode de négociations. Outre les projets de loi, ils donnent des avis juridiques, rédigent des règlements, des contrats et représentent le gouvernement devant divers tribunaux. 
L'ajournement du projet de loi 102 est «une conséquence directe de la grève actuelle», a souligné LANEQ, jeudi.
Briseurs de grève 
Par ailleurs, LANEQ soupçonne l'Assemblée nationale et le ministère de la Justice d'avoir recours à des briseurs de grève. L'embauche d'un avocat pour pourvoir un poste d'occasionnel au parlement et l'utilisation d'un stagiaire en droit à la Justice contreviennent au Code du travail, soutient-elle. 
La ministre du Travail, Dominique Vien, a confirmé que cette plainte de LANEQ est «actuellement en analyse au ministère». 
À LANEQ, Me François Desroches-Lapointe, porte-parole, est convaincu que l'enquête démontrera qu'il s'agit de briseurs de grève. «Ça n'a pas de bon sens que dans une société démocratique, le gouvernement et même l'Assemblée nationale ne respectent pas leurs propres lois», a-t-il déclaré au Soleil 
L'Assemblée nationale ne croit pas que l'employée embauchée puisse être considérée comme un travailleur de remplacement. Par contre, pour éviter les mauvaises interprétations, l'employée a été affectée à «d'autres fonctions».