Le chef Thomas Mulcair (photo) a des «comptes à rendre» après avoir laissé le NPD se faire doubler sur sa gauche par les libéraux avec sa promesse électorale d'équilibrer le budget coûte que coûte, affirme le président du caucus socialiste du parti, Barry Weisleder.

L'aile gauche du NPD veut une course à la direction

Une fronde menée par l'aile gauche du Nouveau Parti démocratique (NPD) s'organise contre Thomas Mulcair à moins d'un mois du vote de confiance auquel devra se soumettre le chef du parti.
«Nous voulons une évaluation du leadership après cette campagne électorale désastreuse», a martelé en entrevue téléphonique le président du caucus socialiste du NPD, Barry Weisleder, lundi.
Le chef néo-démocrate a des «comptes à rendre» après avoir laissé sa formation se faire doubler sur sa gauche par les libéraux avec sa promesse électorale d'équilibrer le budget coûte que coûte, a-t-il tranché.
«Le thème a placé le NPD à droite du Parti libéral. Et s'il y a une chose dont ce pays n'a pas besoin, c'est de deux partis libéraux», a argué M. Weisleder.
La faction socialiste du parti a convié les médias à une conférence de presse à Toronto, mardi, pour rendre compte des résultats de sa tournée pancanadienne visant à encourager les militants à demander une course à la direction.
Mécontentement
Il découle «clairement» de ces consultations que la possibilité de voir Thomas Mulcair rester en poste suscite du mécontentement - et cette opposition n'est pas véhiculée dans les médias, a déploré Barry Weisleder à la veille de cette rencontre avec les médias.
«Des membres nous ont appelés pour nous dire : "C'est scandaleux, personne ne m'a demandé mon opinion; je ne soutiens pas le chef, quelqu'un doit prendre la responsabilité de cette campagne, et il faut réorienter le parti à gauche"», a-t-il exposé à l'autre bout du fil.
Les militants néo-démocrates qui se réuniront en congrès du 8 au 10 avril prochain à Edmonton se prononceront sur la pertinence d'organiser une course à la direction, comme le prévoit la constitution du parti.
Un chef appuyé
Au cours des derniers mois, plusieurs députés du NPD ont publiquement appuyé leur chef malgré la cuisante défaite encaissée par ses troupes aux élections fédérales du 19 octobre dernier.
L'un d'entre eux, le Britanno-Colombien Nathan Cullen, a minimisé les récentes sorties de l'aile de gauche du NPD contre son chef.
«Écoutez, je ne suis pas certain que le caucus socialiste ait déjà appuyé l'un de nos chefs - Jack Layton, Alexa McDonough ou Ed Broadbent», a-t-il fait valoir en marge d'une annonce au parlement, vendredi passé. Ses membres réussissent cependant toujours à attirer «trois ou quatre personnes autour d'un microphone» et à suggérer qu'une «révolte» gronde au sein du parti, a ironisé M. Cullen, selon qui le NPD est «en bonne santé».
Au cours des derniers jours, le leadership de Thomas Mulcair a également été contesté par une députée néo-démocrate de Queen's Park, Cheri DiNovo, ainsi que par le président de l'association de circonscription du NPD dans LaSalle-Émard-Verdun, Alain Charbonneau.
Le chef néo-démocrate, qui a dit prendre l'entière responsabilité de la défaite dans une lettre ouverte publiée en février dernier, a répété à maintes reprises qu'il souhaitait demeurer à la barre de la formation politique.