Le grand patron de l'Unité permanente anticorruption (UPAC), Robert Lafreniere, lors de la conférence de presse au sujet de l'arrestation à Nathalie Normandeau et d'autres ex-membres influents du PLQ.

Lafrenière reconduit à la tête de l'UPAC

Le gouvernement Couillard a décidé de renouveler le mandat de Robert Lafrenière à la tête de l'Unité permanente anticorruption (UPAC). Plusieurs estiment qu'il n'avait pas le choix de le reconduire dans ses fonctions pour un deuxième mandat de cinq ans.
Le Conseil des ministres a jugé nécessaire de maintenir M. Lafrenière en poste pour assurer la «stabilité» de l'organisation et afin de ne pas nuire aux enquêtes en cours, a expliqué le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux.
«Malgré d'autres candidatures de grande qualité, le Conseil des ministres a décidé de s'inscrire dans la continuité. Il est évident que l'UPAC est une organisation dont le travail nécessite stabilité et crédibilité», a justifié le ministre.
Le gouvernement Couillard aurait soulevé une tempête chez les partis d'opposition s'il avait remplacé le tout premier patron de l'UPAC par quelqu'un d'autre, alors que plusieurs enquêtes sont en cours et que certaines touchent des libéraux. Les partis d'opposition l'attendaient au tournant.
L'organisation créée sous le gouvernement de Jean Charest a récemment interpellé l'ex-vice-première ministre Nathalie Normandeau en même temps que l'ex-ministre Marc-Yvan Côté, banni à vie du Parti libéral du Canada il y a plusieurs années.
Aux deux tiers
Le péquiste Pascal Bérubé dit avoir confiance en Robert Lafrenière, mais il affirme que le Commissaire à la lutte contre la corruption doit jouir de la plus grande indépendance possible du gouvernement. Et qu'il devrait donc recevoir, pour être nommé, l'aval des deux tiers des députés de l'Assemblée nationale.
M. Bérubé relève que le Directeur général des élections, le Protecteur du citoyen, le Vérificateur général, le Commissaire à l'éthique, le Commissaire au lobbyisme, ainsi que les responsables de la Commission des droits de la personne et de la Commission d'accès à l'information «sont nommés aux deux tiers des membres de l'Assemblée nationale».
Il «prend acte» de la décision du gouvernement, mais il continue de déplorer que le mode de nomination du patron de l'Unité permanente anticorruption n'ait pas été revu.
«Le gouvernement libéral fait une exception : la lutte à la corruption. Ça, il garde ça pour lui», accuse le député du Parti québécois.
La Coalition avenir Québec réclame aussi depuis longtemps que le patron de l'UPAC reçoive l'assentiment des deux tiers des élus de l'Assemblée nationale afin de lui assurer, dit-elle également, toute l'indépendance nécessaire.