La ministre Élaine Zakaïb a affirmémercredi en conférence de presse qu'elle n'a pas l'intention de se retirer, même momentanément.

«L'affaire Zakaïb» : au commissaire à l'éthique d'enquêter, dit la CAQ

La Coalition avenir Québec (CAQ) soutient qu'Élaine Zakaïb a caché aux parlementaires un cas de collusion, survenu en 2009, entre le Fonds de solidarité de la FTQ et l'entrepreneur Tony Accurso. La CAQ demande au commissaire à l'éthique et à la déontologie d'enquêter.
Le caquiste Stéphane Le Bouyonnec a déposé cette requête, lundi, en se basant sur un article du code de déontologie des élus. Aux journalistes, il a rappelé qu'à l'automne, son parti a profité d'une commission parlementaire pour réclamer des changements dans la gouvernance du Fonds dont le président se trouve aussi à être le président de la FTQ.
Le dirigeant en question (en 2009) s'appelait Michel Arsenault. La semaine dernière, la commission Charbonneau a divulgué le contenu d'une écoute électronique où Mme Zakaïb informait M. Arsenault que le Fonds de solidarité, dont elle était alors vice-présidente, avait bloqué des concurrents de M. Accurso.
Pour le député de la CAQ, la ministre a omis de transmettre «une information très utile [...] dans le cadre d'une commission parlementaire». Stéphane Le Bouyonnec a signalé que, la semaine dernière, son parti a réclamé que la ministre de la Politique industrielle soit suspendue tant qu'elle n'aurait pas fourni des explications satisfaisantes.
La CAQ ne réclame pas que le commissaire conduise une investigation sur ce qui s'est passé en 2009, mais qu'il statue sur l'obligation qu'aurait la ministre de dévoiler ce qu'elle savait. D'autant qu'aux yeux du caquiste, des questions demeurent sans réponse. «Est-ce que c'était pour faire plaisir à Tony Accurso [qu'il y a eu collusion]? Est-ce que c'était pour faire plaisir à certains syndicalistes de ne pas investir dans des boîtes qui étaient syndiquées CSN», concurrentes de la FTQ?
Le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, lui, est revenu sur une autre révélation où Michel Arsenault faisait allusion, toujours en 2009, à un deal impliquant Claude Blanchet, le conjoint de l'actuelle première ministre Pauline Marois, et le Parti québécois pour empêcher la mise sur pied de ce qui est devenu la commission Charbonneau.
«Mme Marois doit rassurer les Québécois sur le fait qu'en aucun cas, les décisions, les orientations politiques de sa formation n'ont été liées à des décisions d'investissements. La question n'est pas le deal, mais la relation entre l'investissement [...] et les prises de décisions politiques.»