Le maire de Québec, Régis Labeaume

Labeaume prédit encore une «révolte» des contribuables

«Nous étouffons sous la réglementation et nous sommes totalement exaspérés.» Le maire de Québec, Régis Labeaume, a plaidé ce matin pour une «autonomie normale» des municipalités québécoises sous peine d'une «révolte» des contribuables, à l'ouverture  du Sommet sur le milieu municipal de l'Union des municipalités du Québec (UMQ).
Dans son mot d'ouverture, M. Labeaume a repris à son compte une citation du maire de Westmount, Peter Trent, à l'effet que «les municipalités sont gelées dans le temps», le cadre juridique faisant des villes des «créatures» du gouvernement du Québec datant de 147 ans. «Ça manque un ti peu de mise à jour», a-t-il lancé.
Le maire de Québec n'a pas hésité à prendre les citoyens à témoin des revendications des villes. «Nous sommes très proches des contribuables, des payeurs de taxes, et là on est proche de la révolte explosive», a-t-il déclaré. En point de presse, il a évoqué le «point de bascule». «Les gens n'en peuvent plus de se faire écoeurer par des lois et des règlements», a-t-il martelé.
Éric Forest, président de l'UMQ et maire de Rimouski, a exploité le même filon de l'exaspération et de l'affirmation. Il a insisté pour que les municipalités soient considérées comme des «gouvernements de proximité» et non des «créatures» ou des «sous-ordres d'élus». Las de demander des pouvoirs «à la pièce», il a réclamé une loi en bonne et due forme et une réforme de la fiscalité.
Bien sûr, l'enjeu des déficits des régimes de retraite demeure. M. Forest a adressé quelques mots à la quinzaine de représentants municipaux qui se sont inscrits à l'événement, disant que «personne a fourré personne» et que c'est le «contexte» qui force le recours à des moyens extraordinaires.  
Marc Ranger, porte-parole du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) et de la nouvelle Coalition des syndicats d'employés municipaux du Québec, n'a pas tardé à réagir. «Pendant qu'ils veulent plus d'autonomie, ils ne sont pas capables de s'entendre avec leurs syndicats», a-t-il balancé.
Entouré de représentants des pompiers, des policiers et des cols bleus, M. Ranger a critiqué l'allusion à une «révolte des contribuables» faite par le maire Labeaume. «Il invite les contribuables à se révolter sur des faux chiffres», a-t-il dénoncé. Selon lui, les déficits actuariels creusés en 2008 sont en train de fondre sous l'action de la bourse. L'embellie serait d'environ 50 %, selon des observations faites à Val-d'Or. À Québec, le déficit était d'un peu plus de 500 millions $ en 2011.
Le maire Labeaume a répliqué en disant des syndicats que «leur travail est de désinformer», «ce sont des gens qui ont un travail corporatif à faire». Son collègue de Montréal, Denis Coderre, a plutôt parlé d'une «position de négociation». «Il est incontournable de toute façon de parler de l'avenir des régimes de retraite», a-t-il fait remarquer.