Gérard Deltell (photo) dénonce la «politicaillerie à bas étage» que représente la candidature de Pierre-Karl Péladeau, qu'il compare à celle de Gaétan Barette pour le PLQ alors qu'il était leur ennemi juré il y a à peine un an.

Labeaume a «enfin» compris, dit Gérard Deltell

Le maire de Québec a «enfin» compris que les finances publiques ne permettent pas la réalisation rapide de tous les projets qui lui sont chers, constate le député caquiste Gérard Deltell.
Mardi, Régis Labeaume a dit accepter que la situation financière difficile du gouvernement du Québec puisse reporter l'échéance de certains projets : anneau de glace, promenade Samuel-De Champlain, Nouvelles Casernes, élargissement d'Henri-IV. 
«On est très content de voir que M. [Régis] Labeaume répète presque mot à mot ce que nous avons dit pendant la campagne, a réagi mercredi matin M. Deltell, député de Chauveau. Ce sont de beaux projets, mais il faut les faire quand on aura les moyens. Avant ça, il faut faire un ménage dans les finances publiques.»
Informé des propos de M. Deltell, le maire Régis Labeaume a été cinglant mercredi. «M. Deltell ne fait pas partie de l'équation. Nous, on travaille avec le gouvernement. Je ne sais pas de quoi il parle, a-t-il lancé. Pouvez-vous lui dire que la campagne est finie, en passant? Il n'y a plus de votes à aller chercher.»
Le maire de Québec a assuré que son administration «ne met pas de croix» sur ses projets. «On est juste réalistes. Les projets vont se faire, la question est quand l'argent sera disponible.»
En campagne, M. Labeaume déplorait que la Coalition avenir Québec (CAQ) veuille retarder certains de ces projets, comme l'anneau de glace. «Je vais vous faire une liste de 200 programmes dans lesquels vous devriez couper avant de couper dans l'anneau. [...] C'est absolument désolant en 2014 d'entendre ce discours-là.»
Pour le député caquiste, ce n'est pas la position de son parti sur le financement des projets de Québec qui ont nui pendant la campagne, mais la perspective référendaire. Les critiques du maire n'ont pas été un facteur déterminant dans la perte de quatre députés caquistes à Québec, croit-il. 
«En campagne, il n'y a pas de citoyens qui m'a dit qu'on était dans le champ, souligne M. Deltell. D'ailleurs, le maire reprend ce qu'on a dit, donc enfin, il a compris.»
Le «changement de cap important de la part de M. Labeaume» est une bonne nouvelle, estime M. Deltell. L'important est d'aller dans la bonne direction. Les libéraux et les péquistes se sont faits plus discrets en campagne sur les difficultés liées au Trésor public, selon lui. 
«Tous les candidats de la CAQ de la région peuvent regarder dans le blanc des yeux chacun des citoyens parce que nous, on a eu le courage, l'honneur et la dignité de leur donner l'heure juste», dit M. Deltell. 
À son arrivée sur la colline parlementaire, mercredi matin, le ministre Sam Hamad s'est réjoui que Régis Labeaume se soit rallié à l'orientation du gouvernement Couillard au sujet du coup de frein appliqué à la réalisation de certains grands projets.
«Nous avons toujours été sur la même longueur d'onde», a souligné le responsable de la Capitale-Nationale au sein du cabinet. «Ça continue. On va travailler intelligemment. Une installation de 50 millions $, on claque pas les mains et on l'a, le lendemain. Il y a des études à réaliser. On a le temps de tout faire ça.»  
Avec la collaboration de Valérie Gaudreau et Michel Corbeil